mercredi 31 octobre 2012

Compil Marie-Nicole Lemieux



« Marie-Nicole Lemieux, c'est une voix et un cœur.  » (Christophe Rizoud, Forum Opera)

Quelques notes issues du contralto moelleux de Marie-Nicole Lemieux suffisent pour tomber sous le charme. Timbre unique, sens inné de la ligne musicale, apprivoisement des textes de l’intérieur, charisme étonnant, aisance apparente dans tous les répertoires, présence scénique remarquable, la chanteuse semble posséder tous les atouts.


La carrière de celle qui se produit maintenant sur les grandes scènes du monde entier devait prendre son envol en 2000, alors qu’elle remporte, presque coup sur coup, le Concours Joseph-Rouleau et le Concours musical international Reine Élisabeth de Belgique. Premiers jalons d’un parcours qui deviendrait rapidement stellaire. Nous la retrouvons ici dans des pages de Scarlatti, Handel, Vivaldi, compositeurs auxquels on l’a souvent associée, mais aussi dans des lieder intimes, parfois déchirants, de Brahms.

La soixantaine de cantates de Handel démontrent avec brio son extraordinaire créativité. De longs mélismes soulignent les mots-clés, ornements et chromatisme vocal révélant les couleurs dramatiques, presque opératiques, de ces œuvres.

Le Stabat Mater de Vivaldi plonge l’auditeur dans un univers sombre, à des lieux de celui de ses éblouissants concertos. Il devient chant prenant entre prière et pleurs, douleur et acceptation, dans lequel la voix plane au-dessus des thèmes à la fois déchirants et magnifiques des cordes.
Selon la légende, le Salve Regina de Scarlatti aurait été dicté par le compositeur sur son lit de mort. Le traitement musical délicatement expressif de cette imploration se lit comme un adieu à la vie, mais aussi à la reine Maria Barbara qu'il avait servie pendant de longues années.

Au fil des décennies, Brahms reviendra inlassablement à l’écriture de lieder. Geste plus concerté d’épanchement émotionnel pour ce solitaire, jardin secret à cultiver (il appelait d’ailleurs ses recueils des « bouquets de chants »)? Il évoquera tour à tour la morsure de l’amour non partagé, la solitude, la finitude de l’existence ou l’apaisement que lui procure la nature.

Compilation Analekta

Impressionisme



« Un matin, l'un de nous manquant de noir, se servit de bleu : l'impressionnisme était né. » (Pierre-Auguste Renoir)

Pour la première et unique fois, 74 peintures faisant partie de l’exceptionnelle collection du Sterling and Francine Clark Art Institute de Williamstown au Massachusetts seront exposées à Montréal. On y retrouve des œuvres de Bonnard, Corot, Degas, Gauguin, Manet, Millet, Monet, Morisot, Pissarro, Renoir, Sisley, Toulouse-Lautrec, qui ont su, chacun à sa façon, transmettre magie des lieux, subtilité des ambiances, profondeur des émotions. Pourquoi ne pas prolonger l’enchantement de l’exposition grâce à ces pages musicales que l’on pourrait croire conçues du même souffle? Elles sont signées Debussy, qui avait considéré consacrer sa vie à la peinture avant d’opter pour les sons, Satie l’iconoclaste, qui sublime la pureté antique, Ravel le maître incontesté des atmosphères, Mompou le poète du quotidien et Françaix, à qui l’on doit une touchante série de Portraits d’enfants de Renoir.

Compilation Analekta, en périphérie de l'exposition du MBAM.

vendredi 12 octobre 2012

La Recrue a cinq ans!

On se souvient toujours de la première fois… Il y a cinq ans exactement, le 15 octobre 2007, La Recrue du mois naissait.  Carole Beaudoin, qui tenait alors un blogue consacré à la littérature québécoise, avait contacté quelques collègues qui « lisaient québécois », avec cette idée folle de mettre en lumière les premières parutions d’ici. Quatre d’entre nous se joindraient sur le champ à l’aventure : Catherine Voyer-Léger (qui a par la suite assumé la rédaction en chef du webzine de janvier à août 2011), Julie Gravel-Richard (auteure d’un premier roman salué en 2008, Enthéos, qui vient de publier Soleil en tête, son carnet entrepris après qu’on lui ait annoncé qu’elle était atteinte d’une tumeur au cerveau), Venise Landry (qui fait encore partie des rédacteurs) et moi-même. Depuis, d’autres enthousiastes de la nouvelle littérature québécoise – tous bénévoles, soulignons-le – se sont intégrés à l’équipe, certains sur une base régulière, d’autres épisodique, ont poursuivi leur route. Après tout, les passions doivent être partagées!

Quand je suis montée à bord de ce train, je l’ai fait les yeux ouverts, les doigts croisés peut-être (pour reprendre le titre du roman de notre Recrue ce mois-ci, Jocelyn Lanouette), mais sans me projeter dans un avenir plus ou moins lointain. Après tout, comme le rappelle un proverbe gitan, « Ce n’est pas la destination, mais la route qui compte. »