Le visage du Collège Sainte-Anne a beaucoup changé au cours des dernières années, grâce à ses programmes novateurs, ses installations de pointe, son utilisation concertée de la technologie, mais peut-être surtout ses partenariats avec l’international. Quand un parent d’origine argentine a proposé de mettre son réseau au service de la direction, afin d’établir des liens avec une école de Cordoba se cherchant des partenaires, la réponse ne s’est pas fait attendre. Des représentants de l’Accademia Arguëllo, institution primaire et secondaire privée (sans subventions du gouvernement) d’environ 700 élèves, ont d’abord visité le Collège, ainsi que le Collège Brébeuf et une école à Vancouver. Ce premier contact les a convaincus et les deux administrations ont commencé à dialoguer.
Neuf jeunes Argentins seront accueillis en septembre pendant une ou deux semaines. Des cours de français leur seront proposés en matinée, une intégration en classes régulières l’après-midi et des activités culturelles en soirée. Des élèves du CSA (niveaux 3e à 5e secondaires) se rendront à Cordoba en mars. Les professeurs accompagnateurs pourront aussi échanger sur leurs pratiques d’enseignement.
« Nous possédons deux cultures éducatives totalement différentes », explique le directeur général adjoint et directeur secteur secondaire Bernard Héroux, de retour d’un voyage à Cordoba avec le directeur général Ugo Cavenaghi. « Les enfants passent en moyenne 16 ans dans cette école, de 2 à 18 ans, qui relève d’une organisation essentiellement familiale. L’école est très ouverte sur l’extérieur, climat aidant, et les élèves assistent chaque matin à la levée du drapeau. »
Avec son million et demi d’habitants, Cordoba se révèle avant tout une ville universitaire, qui possède la deuxième concentration la plus élevée d’étudiants au monde. Fondé en 1955 par la compagnie Renault pour les enfants des employés, l’Accademia Arguëllo reste l’une des seules à offrir une éducation en français et en anglais aux élèves. « La société est complètement différente, précise M. Héroux. L’Argentine reste un pays d’Amérique du Sud avec différentes classes sociales, des inégalités qui feront réfléchir les élèves d’ici. Les familles là-bas habitent dans des quartiers sécurisés, des gardiens encadrent l’école. Les différences sociales et éducatives permettront de faire vivre et accepter la différence. Après tout, à quoi sert d’échanger avec une école qui ressemble à la nôtre! »
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lundi 7 mai 2012
Trois semaines pour tisser des liens permanents
Les
39 élèves de 4e (3e secondaire) du Cours Sainte Marie de Hann de Dakar
et leurs deux accompagnatrices ont quitté le Collège Sainte-Anne en
direction de l'aéroport Pierre-Elliot Trudeau le cœur très gros le 3
avril dernier. En effet, comment oublier ces 21 jours passés à la
vitesse de l'éclair, entre cours d'anglais chaque matin, intégration
dans les classes des correspondants l'après-midi, activités de
découverte de la ville, partage d'informations et surtout liens à
tisser.
Ce projet unique d'échange a habité nombre d'intervenants des deux institutions partenaires du regroupement Globe Espérance depuis trois ans. Une immersion tant linguistique que culturelle était bien sûr visée, mais aussi le développement d'animations pédagogiques, tant pour les élèves que pour les professeurs les encadrant. Des activités de présentation mutuelle ont d'abord été proposées. En partenariat avec le Festival Vues d'Afrique, le film sénégalais Un transport en commun, qui a su faire rire aussi bien que réfléchir les élèves d'ici, a été projeté. Les élèves hôtes ont présenté quelques films tournés au Sénégal, offrant un point de vue occidental sur une réalité africaine. Les Sénégalais ont quant à eux partagé coutumes vestimentaires, chants et danses traditionnels et démontré comment tisser un bracelet d'amitié, puissant geste symbolique.
Plusieurs activités de découverte ont été proposées aux visiteurs, dont une visite au Biodôme qui a captivé et permis à certains d'explorer de nouvelles pistes de carrière, tout comme le visionnement d'un film IMAX 3D au Centre des sciences. Même si 30 des 39 élèves sénégalais sont musulmans, tous ont fortement été impressionnés par l'architecture et la somme de travail requise pour l'érection de la Basilique Notre-Dame dans le Vieux-Montréal. « Le thème de notre école cette année est : “La diversité est une chance; cultivons-la”, explique madame Marguerite Kane préfet des 5e et 6e années. Il est important d'accepter l'autre dans sa différence et de pratiquer une culture de la paix. »
Une conférence donnée par un jeune combattant le cancer a passablement ébranlé les élèves, cette maladie demeurant un sujet très tabou au Sénégal. Les adolescents n'ont pas hésité à puiser dans leur argent de poche afin de se procurer un bracelet bleu et de participer à la collecte de fonds. Avoir eu la chance de découvrir Montréal et sa région de l'intérieur (repas à la cabane à sucre inclus) reste irremplaçable, explique Mme Kane : « C'est comme si les jeunes s'étaient toujours connus. » Les 39 élèves de la classe ont d'ailleurs retrouvé avec joie la quarantième de leur promotion qui, après avoir quitté le Sénégal, étudie maintenant au CSA!
Mme Honorine Tamba, coordonnatrice des classes bilingues, a beaucoup aimé échanger avec l'équipe de Sainte-Anne et a tenu à souligner la chaleur de l'accueil. « On sent que c'est un groupe soudé par un objectif: partager avec l'autre. Nous repartons ragaillardis. Il nous reste maintenant à transmettre.»
e-bulletin Collège Sainte-Anne
Ce projet unique d'échange a habité nombre d'intervenants des deux institutions partenaires du regroupement Globe Espérance depuis trois ans. Une immersion tant linguistique que culturelle était bien sûr visée, mais aussi le développement d'animations pédagogiques, tant pour les élèves que pour les professeurs les encadrant. Des activités de présentation mutuelle ont d'abord été proposées. En partenariat avec le Festival Vues d'Afrique, le film sénégalais Un transport en commun, qui a su faire rire aussi bien que réfléchir les élèves d'ici, a été projeté. Les élèves hôtes ont présenté quelques films tournés au Sénégal, offrant un point de vue occidental sur une réalité africaine. Les Sénégalais ont quant à eux partagé coutumes vestimentaires, chants et danses traditionnels et démontré comment tisser un bracelet d'amitié, puissant geste symbolique.
Plusieurs activités de découverte ont été proposées aux visiteurs, dont une visite au Biodôme qui a captivé et permis à certains d'explorer de nouvelles pistes de carrière, tout comme le visionnement d'un film IMAX 3D au Centre des sciences. Même si 30 des 39 élèves sénégalais sont musulmans, tous ont fortement été impressionnés par l'architecture et la somme de travail requise pour l'érection de la Basilique Notre-Dame dans le Vieux-Montréal. « Le thème de notre école cette année est : “La diversité est une chance; cultivons-la”, explique madame Marguerite Kane préfet des 5e et 6e années. Il est important d'accepter l'autre dans sa différence et de pratiquer une culture de la paix. »
Une conférence donnée par un jeune combattant le cancer a passablement ébranlé les élèves, cette maladie demeurant un sujet très tabou au Sénégal. Les adolescents n'ont pas hésité à puiser dans leur argent de poche afin de se procurer un bracelet bleu et de participer à la collecte de fonds. Avoir eu la chance de découvrir Montréal et sa région de l'intérieur (repas à la cabane à sucre inclus) reste irremplaçable, explique Mme Kane : « C'est comme si les jeunes s'étaient toujours connus. » Les 39 élèves de la classe ont d'ailleurs retrouvé avec joie la quarantième de leur promotion qui, après avoir quitté le Sénégal, étudie maintenant au CSA!
Mme Honorine Tamba, coordonnatrice des classes bilingues, a beaucoup aimé échanger avec l'équipe de Sainte-Anne et a tenu à souligner la chaleur de l'accueil. « On sent que c'est un groupe soudé par un objectif: partager avec l'autre. Nous repartons ragaillardis. Il nous reste maintenant à transmettre.»
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jeudi 12 avril 2012
Vietnam : approfondir les liens
Du 28 février au 15 mars, neufs élèves du groupe CORBEAU et Martin Chevalier, animateur vie spirituelle et engagement communautaire, ont pu dire une fois de plus : « Bonjour, Vietnam! » Si, au cours des mois précédents, tous s’étaient préparés pour une mission au Sénégal, la situation politique instable et la tenue d’une élection le 26 février ont malheureusement changé la donne. En moins de trois semaines, de nouveaux plans ont été élaborés et le groupe a ainsi pu retrouver, grâce à la collaboration de l’organisme Terre des Hommes Canada, les 600 orphelins de Kontum (capitale de la province de Kon Tum, située à l’intérieur des terres, dans les hauts plateaux du centre) pris en charge par les Sœurs de Saint Vincent de Paul. « C’est fabuleux de pouvoir voir les enfants grandir, même si nous ne les avons vus que trois semaines chaque fois », explique M. Chevalier, à son troisième voyage dans la région. « Cela permet de comprendre un peu mieux comment les gens là-bas perçoivent nos interventions, mais surtout d’approfondir les liens avec les religieuses et les enfants. »
Il en parle comme d’un voyage dans lequel les élèves ont dû s’investir, qui a favorisé connaissance et croissance personnelles. Trois fins de semaine préparatoires ont d’abord permis aux participants de remettre en question la notion de développement, de comprendre comment fonctionnent les structures économiques mondiales, tout en raffermissant leurs aptitudes en leadership. « Cela permet de comprendre quelles sont nos valeurs et comment se construit notre identité. »
Les jeunes ont vécu quelques chocs culturels, notamment lors de leur visite au marché traditionnel hebdomadaire, qui permet aux habitants de vendre tissus et animaux, pas toujours traités avec les égards occidentaux. Plusieurs sont devenus végétariens en deuxième segment de périple. Ils ont également visité un village de lépreux, qui accueille aussi bien les malades que leurs familles, tous ceux touchés de près ou de loin par la maladie étant ostracisés. Les élèves ont également pu remettre la somme de 1 500 $, amassée par la jeune COOP, aux religieuses, qui l’investiront dans leur projet éducatif.
Plusieurs ont également été bouleversés par le constat du mode de consommation qui est souvent le nôtre. Après avoir connu le dénuement dans lequel vivent les orphelins, la croisière sur la baie d’Along à Hanoï, pourtant en rien luxueuse, a pris une tout autre couleur.
e-publication Collège Sainte-Anne de Lachine
Il en parle comme d’un voyage dans lequel les élèves ont dû s’investir, qui a favorisé connaissance et croissance personnelles. Trois fins de semaine préparatoires ont d’abord permis aux participants de remettre en question la notion de développement, de comprendre comment fonctionnent les structures économiques mondiales, tout en raffermissant leurs aptitudes en leadership. « Cela permet de comprendre quelles sont nos valeurs et comment se construit notre identité. »
Les jeunes ont vécu quelques chocs culturels, notamment lors de leur visite au marché traditionnel hebdomadaire, qui permet aux habitants de vendre tissus et animaux, pas toujours traités avec les égards occidentaux. Plusieurs sont devenus végétariens en deuxième segment de périple. Ils ont également visité un village de lépreux, qui accueille aussi bien les malades que leurs familles, tous ceux touchés de près ou de loin par la maladie étant ostracisés. Les élèves ont également pu remettre la somme de 1 500 $, amassée par la jeune COOP, aux religieuses, qui l’investiront dans leur projet éducatif.
Plusieurs ont également été bouleversés par le constat du mode de consommation qui est souvent le nôtre. Après avoir connu le dénuement dans lequel vivent les orphelins, la croisière sur la baie d’Along à Hanoï, pourtant en rien luxueuse, a pris une tout autre couleur.
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DéfiMonde en Bolivie : quatre semaines de volontariat durable
Avez-vous croisé un groupe de 22 jeunes allumés, t-shirts éclatants, le sourire contagieux, sacs à dos débordant de toutous en peluche, à l’aéroport Pierre-Elliot Trudeau, le 17 février dernier? C’était la cohorte 2007-2012 DéfiMonde qui s’envolait vers la Bolivie, afin de vivre un mois de dépaysement complet, une expérience de partage des plus exaltantes, mais surtout un rapprochement entre deux cultures.
Encadrés par l’organisme Horizon Cosmopolite, les élèves ont partagé leur temps entre cours d’espagnol (le matin) et activités de bénévolat (l’après-midi). La première semaine, ils ont par exemple œuvré auprès d’handicapés physiques et mentaux de la capitale, Sucre (prononcé Soukré), ainsi que dans des orphelinats, dans lesquels habitent les jeunes autochtones de la rue.
Après sept heures sur des routes difficiles, le groupe a passé deux semaines dans le village d’Elvior , centre névralgique qui accueille les enfants des vallées avoisinantes. Ils ont nettoyé et désherbé le terrain du pensionnat pour adolescentes, dans un état lamentable, pour pouvoir y planter ensuite un potager. Ils ont retapé une ancienne clinique, refait le plancher près des lavabos, visité une garderie, une école primaire, en plus de proposer aux villageois une journée de sensibilisation, « récupérons notre rivière », afin de les impliquer plus directement dans le processus de nettoyage des berges et des cours d’eau. Ils ont également planté des arbres autour du terrain de soccer, organisé des olympiades, un talent show et une danse, événements très populaires. Tout un programme!
Quelques ajustements culturels ont dû être acceptés. Par exemple, lors de la semaine du carnaval, tous se sont fait lancer les traditionnels petits ballons de caoutchouc remplis d’eau. Après les ballounes, les roches, le lancer d’un projectile en direction de quelqu’un démontrant l’intérêt, un geste entièrement dénué de violence pour les habitants. « J’ai rassuré les élèves en leur disant que je n’avais pas reçu de roches, que je n’intéressais donc personne », a expliqué en riant Xavier Rochon, professeur qui les accompagnait. Côté hygiène, il a fallu aussi admettre que l’eau, même une fois bouillie, restait brune, et que les puces de lit faisaient malheureusement partie du quotidien.
Le périple s’est conclu par la visite de la mine de Potosi (qui produit essentiellement de l’étain aujourd’hui), ville fourmillante qui, aux 16e et 17e siècles, fournissait l’Europe en argent. Les jeunes sont revenus le cœur un peu gros, avec des souvenirs plein la tête. Si plusieurs ont évoqué les paysages magnifiques, tous ont apprécié l’ambiance qui régnait au village, où tout le monde connaît tout le monde.
e-publication Collège Sainte-Anne de Lachine
Encadrés par l’organisme Horizon Cosmopolite, les élèves ont partagé leur temps entre cours d’espagnol (le matin) et activités de bénévolat (l’après-midi). La première semaine, ils ont par exemple œuvré auprès d’handicapés physiques et mentaux de la capitale, Sucre (prononcé Soukré), ainsi que dans des orphelinats, dans lesquels habitent les jeunes autochtones de la rue.
Après sept heures sur des routes difficiles, le groupe a passé deux semaines dans le village d’Elvior , centre névralgique qui accueille les enfants des vallées avoisinantes. Ils ont nettoyé et désherbé le terrain du pensionnat pour adolescentes, dans un état lamentable, pour pouvoir y planter ensuite un potager. Ils ont retapé une ancienne clinique, refait le plancher près des lavabos, visité une garderie, une école primaire, en plus de proposer aux villageois une journée de sensibilisation, « récupérons notre rivière », afin de les impliquer plus directement dans le processus de nettoyage des berges et des cours d’eau. Ils ont également planté des arbres autour du terrain de soccer, organisé des olympiades, un talent show et une danse, événements très populaires. Tout un programme!
Quelques ajustements culturels ont dû être acceptés. Par exemple, lors de la semaine du carnaval, tous se sont fait lancer les traditionnels petits ballons de caoutchouc remplis d’eau. Après les ballounes, les roches, le lancer d’un projectile en direction de quelqu’un démontrant l’intérêt, un geste entièrement dénué de violence pour les habitants. « J’ai rassuré les élèves en leur disant que je n’avais pas reçu de roches, que je n’intéressais donc personne », a expliqué en riant Xavier Rochon, professeur qui les accompagnait. Côté hygiène, il a fallu aussi admettre que l’eau, même une fois bouillie, restait brune, et que les puces de lit faisaient malheureusement partie du quotidien.
Le périple s’est conclu par la visite de la mine de Potosi (qui produit essentiellement de l’étain aujourd’hui), ville fourmillante qui, aux 16e et 17e siècles, fournissait l’Europe en argent. Les jeunes sont revenus le cœur un peu gros, avec des souvenirs plein la tête. Si plusieurs ont évoqué les paysages magnifiques, tous ont apprécié l’ambiance qui régnait au village, où tout le monde connaît tout le monde.
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