Parfois dans la vie, il y a de ces rencontres dont on ne soupçonne pas la portée. En juin 2003, lors de la parade d’ouverture du Festival Montréal baroque, les organisateurs décident de monter une farce sur tréteaux, signée Tabarin. Dans le coin droit, Jean-François Gagnon, spécialiste de la commedia dell’arte, revêt le masque et mantelet (tabarrino) du célèbre bateleur du Pont-Neuf et transmet les subtilités du texte truculent. Dans le coin gauche, le flûtiste Francis Colpron ponctue les calembredaines d’entrelacs musicaux. La magie opère, le public d’un soir est séduit. Six ans plus tard, le directeur artistique des Boréades décide de renouveler l’expérience et commande à Gagnon un texte, assemblé à partir des farces de Tabarin, qui abordent aussi bien les thèmes de la si fragile « vertu » (pulsions sexuelles qui animent la jeunesse, mais donnent des sueurs froides aux pères) que l’éternel débat « maîtres et valets », à la fois complices et rivaux.
Mais qui est donc ce mystérieux Tabarin dont on n’a retenu aujourd’hui que le célèbre chapeau, mais qui aurait influencé Molière et La Fontaine ? Antoine Girard, dit Tabarin, demeure un mystère presque entier pour les biographes. On le croit né vers 1584. Certains prétendent qu’il serait Milanais ou Lorrain quand d’autres insistent qu’il aurait grandi à Rouen. Il serait mort d’un accident de chasse en 1626, mais on avance aussi l’hypothèse du règlement de compte, représailles d’un charlatan frustré ou d’un amoureux éconduit. Une chose demeure certaine : après un voyage d’études en Italie, il apparaît, en compagnie de son frère Mondor, sur le Pont-Neuf et la place Dauphine. Après avoir proposé au public quelques farces, tours et dialogues, les associés distribuent onguents et remèdes. Blagues grivoises du Moyen Âge, tradition carnavalesque, parodie scolastique – grâce à une série de questions et réponses –, Tabarin ensorcelle le Tout-Paris. Celui-ci se presse chaque soir pour savourer les propos de cet homme portant barbe en forme de triton de Neptune, manteau de toile frustre et surtout ce chapeau de feutre gris qui semble s’animer sous les doigts du « pitre de la place Dauphine, qui rendait la gaieté aux hypocondriaques et ne faisait mourir les gens que de rire », comme le rappelle Georges d’Harmonville dans sa préface aux œuvres de Tabarin en 1858.
Doté d’un fort embonpoint, fervent amateur de vin, vaguement idiot, le valet crée l’imbroglio grâce à des jeux de masques ou en provoquant l’erreur, remettant une lettre au mauvais destinataire par exemple. Le vendredi, journée de représentations extraordinaires, la place Dauphine accueille tellement de curieux qu’elle a peine à les contenir. Tabarin ne se contente plus de dialoguer avec le maître, mais met en scène le capitaine Fracasse, sous le sobriquet de Rodomont (anagramme de Montdor) et une femme, tantôt pimbêche, tantôt dévergondée, Francisquine ou Isabelle. On retrouve également sur scène un joueur de viole, un joueur de rebec et un assistant, chargé de présenter les fioles à Mondor. Pour dresser un portrait aussi saisissant que possible de cette période pourtant charnière, mais particulièrement méconnue, il était donc essentiel d’associer théâtre et musique. « Nous faisons appel à la qualité de la musique, du texte et des mises en situation », résume Francis Colpron. Le spectacle sera divisé en deux parties enchainées. Dans la première, les quatre personnages seront présentés. Dans la seconde, viva la commedia!
Jean-François Gagnon reste persuadé du modernisme de ces textes, qui s’inscrivent dans le prolongement de l’agon (débat) grec et préfigurent nombre de numéros de stand-up actuels. « Les gens de l’époque aimaient ces numéros d’acteur, qui démontraient le “bon sens”, le savoir populaire, explique-t-il. Nous avons souhaité faire quelque chose pour les gens d’aujourd’hui, tout en nous inspirant des œuvres du passé, de la même façon que l’on peut revoir un Molière ou un Shakespeare et y trouver plaisir. » Les extraits ont été méticuleusement choisis et adaptés, afin d’être parfaitement saisis par le spectateur du XXIe siècle, qui aurait pu se trouver dérouté par les mots en vieux français ou les passages en sabir, cette langue hétéroclite, mélange d’arabe, d’italien, d’espagnol et de français, parlée à l’époque.
Pour soutenir le propos en musique, Francis Colpron a reconstitué des partitions, notamment à partir des manuscrits de Kassel et d’Uppsala, et a établi une série d’arrangements pour grand ensemble de 12 musiciens. On y retrouvera aussi bien des pages de Dumanoir que de Louis Constantin, Michel Mazuel, Vincenzo Ruffo ou Lambert de Beaulieu, qui devait signer le ballet Circé, monumentale première œuvre scénique musicale française. Il souhaite ainsi rendre à ces compositeurs la place qui leur revient aux côtés des Chambonnières, Lully et Couperin, qu’ils côtoyaient à la cour de Louis XIV. « Les grands compositeurs ont fait une synthèse des formes et des structures thématiques. On peut apprécier à sa juste valeur un Lully, parce que ses prédécesseurs ont installé beaucoup de choses, croit Francis Colpron. La musique de la première partie sera moins établie, moins étatique et démontrera beaucoup de virtuosité. » Elle exigera aussi un travail d’ornementation ou d’improvisation, qui se situe à la limite entre un style français « qui n’existe pas encore » et la folie italienne contagieuse. Pour transmettre cette effervescence, Colpron a par exemple opté pour l’utilisation de diminutions italiennes, souhaitant instiller à la musique française la même énergie que la comédie italienne au théâtre français. « Pour chaque description de personnage, j’ai choisi d’isoler une thématique musicale typée. On ne parle pas d’une musique qui va sous le texte, mais plutôt de petites pauses musicales qui permettront par exemple de développer la gestuelle ancienne. Il faut comprendre comment la musique devient quelque chose qui mène l’histoire, de la même façon que la parole transmet. »
Les deux acolytes, aussi indissociables que Tabarin et son maître, proposent un théâtre de variétés façon XVIIe qui n’a rien perdu de sa verve. « Le contenu du texte est universel, affirme Jean-François Gagnon, et nous avons cherché des correspondances contemporaines. » La réplique de Francis Colpron ne se fait pas attendre : « J’ai eu un plaisir fou à fouiller ce répertoire-là. Je suis certain que ce sera contagieux ! »
La Scena Musicale, décembre 2009-janvier 2010
lundi 23 novembre 2009
dimanche 22 novembre 2009
Bach et Haydn
Johann Sebastian Bach
Né le 21 mars 1685 à Thuringe
Mort le 28 juillet 1750 à Leipzig
Suite no 3 en ré majeur, BWV 1068
Ouverture
Air
Gavotte I/II
Bourrée
Gigue
Les suites pour orchestre de Johann Sebastian Bach – aussi surnommées « Ouvertures » en raison de l’importance du premier mouvement – ont vraisemblablement été composées à Leipzig dans les années 1720, même s’il reste plausible qu’elles aient été assemblées à partir de matériel préexistent, « recyclage » souvent pratiqué par les compositeurs de l’époque baroque. La première de l’œuvre aurait été donnée en 1731 par le Collegium Musicum, un groupe d’une quarantaine de musiciens amateurs, fondé par Telemann en 1702.
La Troisième Suite de Bach est constituée d’une succession de danses d’origine française, dans une même tonalité, geste qui unifie l’œuvre, même si aucun thème ne se transmet d’un mouvement à l’autre. Chacune possède son caractère propre et illustre une volonté d’exprimer un affect unique – ou, plus précisément, comme les traités de l’époque l’indiquaient, une « passion » ou une « passion de l’âme » – nous permettant d’en apprécier les subtilités.
Deux thèmes alternent dans l’Ouverture, le premier ample et solennel, le second bondissant, entraînant, qui deviendra sujet d’un passage fugué, à quatre voix, principalement aux cordes, les hautbois y doublant le violon, les trompettes renforçant les éléments harmoniques et les timbales appuyant les climax de la section.
L’Air, certes l’un des mouvements les plus célèbres de Bach, particulièrement lyrique, est dédié au seul quatuor à cordes, qui transmet la troublante beauté de la ligne mélodique. Le contrechant inspiré des seconds violons et l’équilibre majestueux assuré par les basses expressives soutiennent le propos.
L’éclat des trompettes habite de nouveau les deux gavottes dont le premier thème révèle d’abord une gamme descendante de ré majeur alors que le second ébauche l’accord parfait majeur de la tonalité.
Une bourrée enjouée à laquelle se joint des appels de cuivres, pave la voie à l’exubérance de la gigue finale, traitée en groupes de quatre mesures se télescopant les uns dans les autres grâce aux changements d’orchestration.
Concerto pour violon no 1 en la mineur, BWV 1041
Allegro moderato
Andante
Allegro Assai
En tant que maître de chapelle du Prince Leopold à Anhalt-Coethen (ville calviniste), Bach a pu se concentrer sur le répertoire instrumental, dont les six Concertos brandebourgeois, le premier cahier du Clavier bien tempéré, les suites anglaises et françaises, les six suites pour violoncelle seul et des sonates et partitas pour violon. Le Premier Concerto pour violon, qui date des environs de 1720, vraisemblablement écrit pour le premier violon de l’orchestre Joseph Spiess, s’inscrit donc dans cette optique de composition.
Bach a déjà parfaitement assimilé le style du concerto vénitien, en transcrivant certaines pages de Vivaldi notamment, et il n’est pas surprenant qu’il privilégie ici la forme en trois mouvements et la structure de ritornello du maître vénitien. Le premier mouvement en demeure un exemple frappant, alors que le « refrain » de l’orchestre alterne avec des épisodes où le violon solo éblouit par sa virtuosité, tout en introduisant du nouveau matériau.
L’Andante central, particulièrement élaboré, reprend un thème en ostinato, transmis par les instruments graves (et joué, à un moment, par les altos), sur lequel ondoie de façon expressive le soliste.
Le dernier mouvement combine écriture fuguée et ritornello, en une saisissante complémentarité, démontrant que chez Bach, comme l’avait évoqué Lothar Hoffman-Erbrecht, « le concept du concerto a pris une nouvelle dimension qui insiste sur l’accord plutôt que l’opposition, accomplissant ainsi une unité de composition absolue. »
Joseph Haydn
Né le 31 mars 1732 à Rohrau an der Leitha
Mort le 31 mai 1809 à Vienne
Symphonie no 98, en si bémol majeur, Hob 1/98
Adagio – Allegro
Adagio
Menuetto. Presto
Finale. Presto
La vie de Haydn prend un nouveau tournant en 1790 alors que l’imprésario Johann Peter Salomon débarque sans avertissement chez le compositeur. « Je m’appelle Salomon. Je viens de Londres et suis venu vous quérir. Demain, nous conclurons un accord », annonce-t-il sans ambages. Haydn n’hésite pas longtemps. Son employeur le prince Nicholas Esterhazy vient de mourir et il peut donc céder à ses rêves de découvrir l’Angleterre, dont l’effervescence musicale surpasse même celle de Vienne. Quand Mozart apprend la nouvelle de ce départ, il ne peut résister à l’envie de lui demander comment il saura se débrouiller, ne parlant pas la langue du pays. La réponse de Haydn reste célèbre : « La langue que je parle est comprise dans le monde entier. » Les deux amis ne le réalisent pas alors, mais ils se voient pour la dernière fois.
La Symphonie no 98, dernière de la série de six écrites lors du premier séjour de Haydn à Londres, est datée de 1792 et a été créée le 2 mars de la même année au troisième concert Haydn-Salomon. Écrite pour une flûte, deux hautbois, deux bassons, deux cors, deux trompettes, timbales et cordes, elle n’a pu que surprendre les auditeurs de la capitale britannique par son orchestration.
Chez Haydn – comme chez Beethoven, qui admirait tout particulièrement cette symphonie et qui en acheta le manuscrit autographe après la mort de son aîné –, le développement d’un simple motif peut prendre des proportions remarquables. Dans ce cas-ci, l’introduction lente, en mineur, en présente deux dans les quatre premières mesures : le premier, ascendant, qui esquisse l’accord de si bémol mineur, et le second, un zigzag descendant. Quand l’allegro principal s’amorce, ces deux mêmes idées sont reprises, cette fois en majeur, et semblent posséder un tout autre caractère, vif et enjoué.
Cette symphonie sera la première œuvre d’envergure commise par Haydn après l’annonce du décès subit de Mozart. Sous cet éclairage, on ne peut que trouver à l’adagio des accents de requiem à la mémoire d’un ami cher. Il comprend une subtile citation, délicatement ornementée, tirée de la « Jupiter ». « Je regrette seulement d’être privé du grand Mozart. Il faudra plus d’un siècle pour que se retrouve un talent de cette envergure », écrivait Haydn quelques semaines auparavant à Marianne de Genziger.
Le menuet balaie toute lourdeur du propos, pour céder la place au finale, l’un des plus longs et des plus brillants de Haydn. Ce dernier réserve encore une fois quelques surprises à ses auditeurs, notamment en incluant un passage solo du premier violon dans le développement, alors que les autres instrumentistes à cordes explorent des harmonies inusitées. Lors de la section finale du mouvement, le clavecin (tenu par Haydn le soir de la première) fera lui aussi une incursion dans la texture, avant que la symphonie ne se termine avec brio.
Notes OSM programme du 9 décembre 2009
Né le 21 mars 1685 à Thuringe
Mort le 28 juillet 1750 à Leipzig
Suite no 3 en ré majeur, BWV 1068
Ouverture
Air
Gavotte I/II
Bourrée
Gigue
Les suites pour orchestre de Johann Sebastian Bach – aussi surnommées « Ouvertures » en raison de l’importance du premier mouvement – ont vraisemblablement été composées à Leipzig dans les années 1720, même s’il reste plausible qu’elles aient été assemblées à partir de matériel préexistent, « recyclage » souvent pratiqué par les compositeurs de l’époque baroque. La première de l’œuvre aurait été donnée en 1731 par le Collegium Musicum, un groupe d’une quarantaine de musiciens amateurs, fondé par Telemann en 1702.
La Troisième Suite de Bach est constituée d’une succession de danses d’origine française, dans une même tonalité, geste qui unifie l’œuvre, même si aucun thème ne se transmet d’un mouvement à l’autre. Chacune possède son caractère propre et illustre une volonté d’exprimer un affect unique – ou, plus précisément, comme les traités de l’époque l’indiquaient, une « passion » ou une « passion de l’âme » – nous permettant d’en apprécier les subtilités.
Deux thèmes alternent dans l’Ouverture, le premier ample et solennel, le second bondissant, entraînant, qui deviendra sujet d’un passage fugué, à quatre voix, principalement aux cordes, les hautbois y doublant le violon, les trompettes renforçant les éléments harmoniques et les timbales appuyant les climax de la section.
L’Air, certes l’un des mouvements les plus célèbres de Bach, particulièrement lyrique, est dédié au seul quatuor à cordes, qui transmet la troublante beauté de la ligne mélodique. Le contrechant inspiré des seconds violons et l’équilibre majestueux assuré par les basses expressives soutiennent le propos.
L’éclat des trompettes habite de nouveau les deux gavottes dont le premier thème révèle d’abord une gamme descendante de ré majeur alors que le second ébauche l’accord parfait majeur de la tonalité.
Une bourrée enjouée à laquelle se joint des appels de cuivres, pave la voie à l’exubérance de la gigue finale, traitée en groupes de quatre mesures se télescopant les uns dans les autres grâce aux changements d’orchestration.
Concerto pour violon no 1 en la mineur, BWV 1041
Allegro moderato
Andante
Allegro Assai
En tant que maître de chapelle du Prince Leopold à Anhalt-Coethen (ville calviniste), Bach a pu se concentrer sur le répertoire instrumental, dont les six Concertos brandebourgeois, le premier cahier du Clavier bien tempéré, les suites anglaises et françaises, les six suites pour violoncelle seul et des sonates et partitas pour violon. Le Premier Concerto pour violon, qui date des environs de 1720, vraisemblablement écrit pour le premier violon de l’orchestre Joseph Spiess, s’inscrit donc dans cette optique de composition.
Bach a déjà parfaitement assimilé le style du concerto vénitien, en transcrivant certaines pages de Vivaldi notamment, et il n’est pas surprenant qu’il privilégie ici la forme en trois mouvements et la structure de ritornello du maître vénitien. Le premier mouvement en demeure un exemple frappant, alors que le « refrain » de l’orchestre alterne avec des épisodes où le violon solo éblouit par sa virtuosité, tout en introduisant du nouveau matériau.
L’Andante central, particulièrement élaboré, reprend un thème en ostinato, transmis par les instruments graves (et joué, à un moment, par les altos), sur lequel ondoie de façon expressive le soliste.
Le dernier mouvement combine écriture fuguée et ritornello, en une saisissante complémentarité, démontrant que chez Bach, comme l’avait évoqué Lothar Hoffman-Erbrecht, « le concept du concerto a pris une nouvelle dimension qui insiste sur l’accord plutôt que l’opposition, accomplissant ainsi une unité de composition absolue. »
Joseph Haydn
Né le 31 mars 1732 à Rohrau an der Leitha
Mort le 31 mai 1809 à Vienne
Symphonie no 98, en si bémol majeur, Hob 1/98
Adagio – Allegro
Adagio
Menuetto. Presto
Finale. Presto
La vie de Haydn prend un nouveau tournant en 1790 alors que l’imprésario Johann Peter Salomon débarque sans avertissement chez le compositeur. « Je m’appelle Salomon. Je viens de Londres et suis venu vous quérir. Demain, nous conclurons un accord », annonce-t-il sans ambages. Haydn n’hésite pas longtemps. Son employeur le prince Nicholas Esterhazy vient de mourir et il peut donc céder à ses rêves de découvrir l’Angleterre, dont l’effervescence musicale surpasse même celle de Vienne. Quand Mozart apprend la nouvelle de ce départ, il ne peut résister à l’envie de lui demander comment il saura se débrouiller, ne parlant pas la langue du pays. La réponse de Haydn reste célèbre : « La langue que je parle est comprise dans le monde entier. » Les deux amis ne le réalisent pas alors, mais ils se voient pour la dernière fois.
La Symphonie no 98, dernière de la série de six écrites lors du premier séjour de Haydn à Londres, est datée de 1792 et a été créée le 2 mars de la même année au troisième concert Haydn-Salomon. Écrite pour une flûte, deux hautbois, deux bassons, deux cors, deux trompettes, timbales et cordes, elle n’a pu que surprendre les auditeurs de la capitale britannique par son orchestration.
Chez Haydn – comme chez Beethoven, qui admirait tout particulièrement cette symphonie et qui en acheta le manuscrit autographe après la mort de son aîné –, le développement d’un simple motif peut prendre des proportions remarquables. Dans ce cas-ci, l’introduction lente, en mineur, en présente deux dans les quatre premières mesures : le premier, ascendant, qui esquisse l’accord de si bémol mineur, et le second, un zigzag descendant. Quand l’allegro principal s’amorce, ces deux mêmes idées sont reprises, cette fois en majeur, et semblent posséder un tout autre caractère, vif et enjoué.
Cette symphonie sera la première œuvre d’envergure commise par Haydn après l’annonce du décès subit de Mozart. Sous cet éclairage, on ne peut que trouver à l’adagio des accents de requiem à la mémoire d’un ami cher. Il comprend une subtile citation, délicatement ornementée, tirée de la « Jupiter ». « Je regrette seulement d’être privé du grand Mozart. Il faudra plus d’un siècle pour que se retrouve un talent de cette envergure », écrivait Haydn quelques semaines auparavant à Marianne de Genziger.
Le menuet balaie toute lourdeur du propos, pour céder la place au finale, l’un des plus longs et des plus brillants de Haydn. Ce dernier réserve encore une fois quelques surprises à ses auditeurs, notamment en incluant un passage solo du premier violon dans le développement, alors que les autres instrumentistes à cordes explorent des harmonies inusitées. Lors de la section finale du mouvement, le clavecin (tenu par Haydn le soir de la première) fera lui aussi une incursion dans la texture, avant que la symphonie ne se termine avec brio.
Notes OSM programme du 9 décembre 2009
Betty Makoni : la puissance du geste

Naître fille au Zimbabwe est une tare difficile à oublier, mais Betty Makoni a su passer outre et a foncé droit devant, sans jamais hésiter. Ayant grandi dans une famille où la violence domestique se vivait au quotidien, violée dès la petite enfance par un employeur comme tant d’autres, orpheline de mère à neuf ans après que celle-ci fut battue à mort par son mari, elle prend en charge ses frères et sœurs, mais rêve d’une éducation. Elle convainc les dirigeants d’une première école de l’accepter, puis une seconde, et finira par compléter un diplôme en littérature anglaise de l’Université du Zimbabwe. « Il fallait que je brise le cercle vicieux de la pauvreté et de la violence », a-t-elle expliqué à des élèves du CSA captivés le 18 novembre dernier.
En 1999, elle fonde Girl Child Network, crée des clubs de filles, qui permettent de briser l’isolement auquel elles sont le plus souvent condamnées, de dénoncer la violence dont elles font l’objet, de croire en un avenir meilleur qui implique une scolarisation. Aujourd’hui, quelque 500 clubs ont été formés au Zimbabwe et changent la vie de milliers de jeunes filles. « Soixante mille filles peuvent maintenant rêver », explique Mme Makoni avec une fierté non dissimulée.
Elle a incité les adolescentes d’ici à oser, à continuer de s’approprier les fiefs masculins : « Ne gaspillez jamais une seconde, ne perdez aucune chance, exploitez toutes les ressources mises à votre disposition. Soyez la génération qui revendiquera le droit pour chaque enfant d’aller à l’école. » Ses paroles inspirées ont été saluées par plusieurs ovations debout des élèves, visiblement interpellés par ses propos.
Le combat n’est pas terminé et Betty Makoni le sait pertinemment. Devenue la suspecte no 1 dans son pays natal, elle répond sans relâche à des messages de dénonciation, des appels à l’aide, soutenue par son mari, « la force silencieuse qui me pousse » et ses trois fils. Une parole à la fois, elle continuera d’ébranler les certitudes. Un geste à la fois, elle continuera d’instiller l’espoir au milieu de la haine.
lundi 16 novembre 2009
Fruit de la passion
Vous le connaissez sans doute grâce à ses émissions Le goût de Louis et Cuisinez comme Louis ou ses livres de recettes invitants et accessibles. Son but premier : démystifier la cuisine, revisiter ses bases, repousser ses limites. Mais saviez-vous que Louis-François Marcotte fait partie de la cohorte 1994-1999 du CSA?
Louis-François a toujours cuisiné, que ce soit à la maison avec sa mère ou dans le cadre du cours d’économie familiale, qu’il souhaiterait voir réinstauré dans le curriculum. « J’aimerais que ce soit écrit en très gras », précise le jeune chef de 27 ans en entrevue, un sourire dans la voix. Dès l’âge de 14 ans, il occupe un emploi à temps partiel dans les magasins d’alimentation et, après un intermède en génie mécanique au collégial, revient à ses premières amours et complète son diplôme à l’ITHQ. Travailleur acharné, il commence par offrir ses services comme traiteur, avant de plonger dans l’aventure de la restauration à l’âge de 20 ans, avec le Simpléchic, à Verdun. Il ne tarde pas à ouvrir un deuxième restaurant, Le Local, sur le Plateau Mont-Royal, où sont filmées ses populaires émissions.
Louis-François avoue ne pas toujours avoir été un élève modèle au CSA et préférait s’impliquer dans les activités parascolaires, dont le basketball et le défilé de mode : « Je n’étudiais pas beaucoup et n’excellais pas. » Il admet aujourd’hui que l’encadrement serré du Collège, même s’il ne lui plaisait pas outre mesure à l’époque, s’est révélé des plus bénéfiques pour le développement de sa carrière. « Ma facilité à écrire sans faire trop de fautes part de là et c’est important pour moi, qui fonctionne essentiellement par courriel, pour entrer en contact avec les invités de mes émissions. » Il fait une pause puis rigole : « Et je compte très bien aujourd’hui! » Il salue particulièrement l’enseignement de qualité reçu et les liens tissés avec les professeurs hors cours. Plusieurs sont d’ailleurs devenus des clients assidus de ses restaurants.
Quand on lui demande où il se voit dans cinq ans, il n’hésite pas : « Peu importe, mais j’espère avoir autant de plaisir qu’aujourd’hui, autant de bonheur quotidien! »
Bulletin des anciens CSA
Louis-François a toujours cuisiné, que ce soit à la maison avec sa mère ou dans le cadre du cours d’économie familiale, qu’il souhaiterait voir réinstauré dans le curriculum. « J’aimerais que ce soit écrit en très gras », précise le jeune chef de 27 ans en entrevue, un sourire dans la voix. Dès l’âge de 14 ans, il occupe un emploi à temps partiel dans les magasins d’alimentation et, après un intermède en génie mécanique au collégial, revient à ses premières amours et complète son diplôme à l’ITHQ. Travailleur acharné, il commence par offrir ses services comme traiteur, avant de plonger dans l’aventure de la restauration à l’âge de 20 ans, avec le Simpléchic, à Verdun. Il ne tarde pas à ouvrir un deuxième restaurant, Le Local, sur le Plateau Mont-Royal, où sont filmées ses populaires émissions.
Louis-François avoue ne pas toujours avoir été un élève modèle au CSA et préférait s’impliquer dans les activités parascolaires, dont le basketball et le défilé de mode : « Je n’étudiais pas beaucoup et n’excellais pas. » Il admet aujourd’hui que l’encadrement serré du Collège, même s’il ne lui plaisait pas outre mesure à l’époque, s’est révélé des plus bénéfiques pour le développement de sa carrière. « Ma facilité à écrire sans faire trop de fautes part de là et c’est important pour moi, qui fonctionne essentiellement par courriel, pour entrer en contact avec les invités de mes émissions. » Il fait une pause puis rigole : « Et je compte très bien aujourd’hui! » Il salue particulièrement l’enseignement de qualité reçu et les liens tissés avec les professeurs hors cours. Plusieurs sont d’ailleurs devenus des clients assidus de ses restaurants.
Quand on lui demande où il se voit dans cinq ans, il n’hésite pas : « Peu importe, mais j’espère avoir autant de plaisir qu’aujourd’hui, autant de bonheur quotidien! »
Bulletin des anciens CSA
Le CSA : vert et allumé!
À l’heure où la nécessité de poser des gestes environnementaux devient de plus en plus criante, le Collège Sainte-Anne se veut, une fois encore, à l’avant-garde. Membre depuis plusieurs années du mouvement des Établissements Verts Brundtland, l’école souhaite réduire son empreinte écologique en adoptant des mesures concrètes. Cette fois, le CSA amorce un nouveau virage en choisissant de remplacer les néons par des diodes électroluminescentes, mieux connues sous les sigles DEL ou LED.
Si Nick Jlonyak jr a été le premier à avoir créé une diode électroluminescente à spectre visible en 1962, on a dû attendre jusqu’en 1990 pour qu’une percée permette de nouvelles applications au niveau de l’éclairage, des écrans de téléviseurs et des ordinateurs. Même si elle reste relativement jeune, la technologie LED possède de nombreux avantages sur l’éclairage fluorescent, que ce soit au niveau de la résistance mécanique, du rendement énergétique (de 10 à 12 fois plus élevé), de son fonctionnement en très basse tension ou de la durée de vie. Une ampoule LED peut ainsi durer de 50 000 à 100 000 heures, par rapport aux 6 000 à 15 000 heures obtenues par un éclairage au néon, rendement qui force le CSA à changer plus de 600 néons par année. De plus, les LED ne dégagent pratiquement aucune chaleur, atteignent immédiatement leur intensité lumineuse nominale et sont recyclables à 100 %, contrairement aux fluorescents dont le recyclage est sinon dangereux, du moins très délicat, puisqu’ils contiennent du mercure.
Des bienfaits pour l’utilisateur?
De nombreuses études, dont une de l’Irlen Institute, se sont penchées sur les effets nocifs des néons qui, en émettant infrarouges et ultraviolets, peuvent causer maux de têtes, fatigue oculaire, étourdissements, anxiété (dont certains cas d’agoraphobie) ou même certains troubles d’apprentissage dont la dyslexie, la dysgraphie et le trouble du déficit de l’attention. Une étude rigoureuse de la Pacific Gas and Electric menée en 1999 a quant à elle permis d’associer éclairage diurne naturel – dont la technologie LED se rapproche avantageusement – et une hausse remarquable des résultats scolaires : 26 % en lecture et 20 % en mathématiques. « Je pense que ces conclusions auront un impact majeur sur la conception d’écoles dans les prochaines années », avait alors avancé Arthur Rosenfeld, un conseiller du Département énergétique américain. Quelques années auparavant, le psychologue canadien Warren Hathaway avait suivi quant à lui 327 jeunes de 10 à 12 ans qui travaillaient sous des éclairages différents. Il a pu constater des progrès académiques significatifs pour des élèves qui travaillaient sous un éclairage plein spectre. De plus, ils étaient malades moins souvent, grandissaient plus rapidement et avaient moins de caries. Une étude qui s’est déroulée sur une période de plusieurs mois en 1987 à la Green Street Elementary School de Brattleboro au Vermont avait également permis d’établir des corrélations entre ce type d’éclairage et un taux d’absentéisme réduit.
L’éclairage LED promet donc un futur plus lumineux mais surtout plus propre et plus sécuritaire, tout en favorisant des économies énergétiques importantes. Dans un premier temps, les changements viseront la Salle Jeannine-Serres puis un projet-pilote s’amorcera dans le pavillon de première secondaire, grâce à la collaboration de la firme nWatt.
La Clé, décembre 2009
Si Nick Jlonyak jr a été le premier à avoir créé une diode électroluminescente à spectre visible en 1962, on a dû attendre jusqu’en 1990 pour qu’une percée permette de nouvelles applications au niveau de l’éclairage, des écrans de téléviseurs et des ordinateurs. Même si elle reste relativement jeune, la technologie LED possède de nombreux avantages sur l’éclairage fluorescent, que ce soit au niveau de la résistance mécanique, du rendement énergétique (de 10 à 12 fois plus élevé), de son fonctionnement en très basse tension ou de la durée de vie. Une ampoule LED peut ainsi durer de 50 000 à 100 000 heures, par rapport aux 6 000 à 15 000 heures obtenues par un éclairage au néon, rendement qui force le CSA à changer plus de 600 néons par année. De plus, les LED ne dégagent pratiquement aucune chaleur, atteignent immédiatement leur intensité lumineuse nominale et sont recyclables à 100 %, contrairement aux fluorescents dont le recyclage est sinon dangereux, du moins très délicat, puisqu’ils contiennent du mercure.
Des bienfaits pour l’utilisateur?
De nombreuses études, dont une de l’Irlen Institute, se sont penchées sur les effets nocifs des néons qui, en émettant infrarouges et ultraviolets, peuvent causer maux de têtes, fatigue oculaire, étourdissements, anxiété (dont certains cas d’agoraphobie) ou même certains troubles d’apprentissage dont la dyslexie, la dysgraphie et le trouble du déficit de l’attention. Une étude rigoureuse de la Pacific Gas and Electric menée en 1999 a quant à elle permis d’associer éclairage diurne naturel – dont la technologie LED se rapproche avantageusement – et une hausse remarquable des résultats scolaires : 26 % en lecture et 20 % en mathématiques. « Je pense que ces conclusions auront un impact majeur sur la conception d’écoles dans les prochaines années », avait alors avancé Arthur Rosenfeld, un conseiller du Département énergétique américain. Quelques années auparavant, le psychologue canadien Warren Hathaway avait suivi quant à lui 327 jeunes de 10 à 12 ans qui travaillaient sous des éclairages différents. Il a pu constater des progrès académiques significatifs pour des élèves qui travaillaient sous un éclairage plein spectre. De plus, ils étaient malades moins souvent, grandissaient plus rapidement et avaient moins de caries. Une étude qui s’est déroulée sur une période de plusieurs mois en 1987 à la Green Street Elementary School de Brattleboro au Vermont avait également permis d’établir des corrélations entre ce type d’éclairage et un taux d’absentéisme réduit.
L’éclairage LED promet donc un futur plus lumineux mais surtout plus propre et plus sécuritaire, tout en favorisant des économies énergétiques importantes. Dans un premier temps, les changements viseront la Salle Jeannine-Serres puis un projet-pilote s’amorcera dans le pavillon de première secondaire, grâce à la collaboration de la firme nWatt.
La Clé, décembre 2009
Changer le monde, un geste à la fois
Fondation publique établie en février 2006 par Wanda Bedard, 60 millions de filles est propulsée par l’énergie contagieuse d’une équipe de passionnés qui croient à la nécessité de soutenir l'éducation des filles afin que le monde dans lequel nous vivons devienne plus équitable. Consciente de la nécessité de faire la promotion de l’autonomie des filles et des femmes, la fondation soutient chaque année au moins deux projets d'éducation d'envergure dans les pays en développement.
Créatives, énergiques et talentueuses, les bénévoles de 60 millions de filles sont aussi multiples qu’inspirées. Parmi celles-ci, deux anciennes du Collège Sainte-Anne, Vida et Liah Fereydoonzad ont choisi de soutenir la cause au quotidien. « Quand ma mère a fondé 60 millions de filles, je croyais qu'elle s'était donné un très gros défi, mais je vois maintenant qu'il faut simplement travailler pour changer les choses et qu'avec de la passion et de la détermination, ce n'est pas si difficile », avance Liah. En 2007, Vida a quant à elle participé au voyage au Kenya de la fondation. Elle y a visité les écoles du Masai Mara (région rurale du Kenya) et les bidonvilles de Nairobi. « Ce voyage m'a ouvert les yeux et m'a convaincue que l'éducation des filles était la vraie solution contre la pauvreté et les injustices dans le tiers-monde, explique Vida. En revenant, j'étais frustrée de la différence entre les deux mondes. Ici, tous mes amis étaient préoccupés par leurs biens matériels et se plaignaient de tout, tandis que là-bas, on valorisait l'école et les simples plaisirs dans la vie. »
Elle a ensuite choisi de se joindre au comité exécutif de 60 millions de filles. « Étant la plus jeune du comité, j'ai eu le sentiment que la fondation ne faisait pas assez pour sensibiliser les jeunes », souligne-t-elle. En septembre 2008, elle décide donc de former 2GENERATION2, le volet étudiant de 60 millions de filles, qui regroupait alors cinq jeunes. L’équipe a d’abord conçu des t-shirts pour amasser des fonds pour la fondation. Afin de publiciser le t-shirt, Vida a lancé le projet du t-shirt voyageur, dans lequel les participants se font photographier devant un monument, photos qui peuvent être consultées sur le site de 2GENERATION2 au http://www.60millionsdefilles.org/2G2/francais/accueil.html
Ce site Internet a été créé par Liah qui, bientôt, s’est occupée du maintien de celui de 60 millions de filles et gère l’encan électronique qui précède la conférence annuelle – cette année, celle de Betty Makoni qui s’est tenue le 17 novembre. « Je suis finissante en génie à l'École Polytechnique et me sens privilégiée de pouvoir étudier dans une très bonne école, dans le programme de mon choix, dans lequel on retrouve une minorité de filles. J'ai donc décidé d'apporter à la fondation des connaissances techniques afin d'aider à la faire connaître et faciliter les choses. Ce qui est le plus important pour moi est de pouvoir offrir au plus de filles possible la chance d'aller à l'école et suivre leur passion, comme j'ai pu le faire. »
Depuis ses débuts, les projets de 2G2 se sont multipliés. Le groupe a ainsi organisé une fête de fin de session au McKibbins en mai dernier qui a permis d’amasser 2 000 $. Les jeunes bénévoles visitent également plusieurs écoles, afin de promouvoir la fondation 60 millions de filles. « Peu importe son âge, tout le monde peut faire une différence !, croit fermement Vida. Faire du bénévolat et donner de son temps pour le mieux-être de quelqu'un d'autre est l'acte le plus satisfaisant dans la vie. » Vida termine sa deuxième année de baccalauréat aux HEC en marketing, mais continue de s’impliquer activement pour la cause : « J'ai toujours eu le sentiment que ma vie commencerait seulement lorsque j'aurais fini l'école et que je commencerais à travailler, mais la réalité est que ma vie a commencé il y a 20 ans et que je suis aussi capable de poser des gestes maintenant que lorsque je serai “plus grande”. Les jeunes ont le talent et la passion pour faire un changement dans leur entourage et le monde entiers. C'est ce qu'offre 2GENERATION2. »
Bulletin des anciens CSA, décembre 2009
Créatives, énergiques et talentueuses, les bénévoles de 60 millions de filles sont aussi multiples qu’inspirées. Parmi celles-ci, deux anciennes du Collège Sainte-Anne, Vida et Liah Fereydoonzad ont choisi de soutenir la cause au quotidien. « Quand ma mère a fondé 60 millions de filles, je croyais qu'elle s'était donné un très gros défi, mais je vois maintenant qu'il faut simplement travailler pour changer les choses et qu'avec de la passion et de la détermination, ce n'est pas si difficile », avance Liah. En 2007, Vida a quant à elle participé au voyage au Kenya de la fondation. Elle y a visité les écoles du Masai Mara (région rurale du Kenya) et les bidonvilles de Nairobi. « Ce voyage m'a ouvert les yeux et m'a convaincue que l'éducation des filles était la vraie solution contre la pauvreté et les injustices dans le tiers-monde, explique Vida. En revenant, j'étais frustrée de la différence entre les deux mondes. Ici, tous mes amis étaient préoccupés par leurs biens matériels et se plaignaient de tout, tandis que là-bas, on valorisait l'école et les simples plaisirs dans la vie. »
Elle a ensuite choisi de se joindre au comité exécutif de 60 millions de filles. « Étant la plus jeune du comité, j'ai eu le sentiment que la fondation ne faisait pas assez pour sensibiliser les jeunes », souligne-t-elle. En septembre 2008, elle décide donc de former 2GENERATION2, le volet étudiant de 60 millions de filles, qui regroupait alors cinq jeunes. L’équipe a d’abord conçu des t-shirts pour amasser des fonds pour la fondation. Afin de publiciser le t-shirt, Vida a lancé le projet du t-shirt voyageur, dans lequel les participants se font photographier devant un monument, photos qui peuvent être consultées sur le site de 2GENERATION2 au http://www.60millionsdefilles.org/2G2/francais/accueil.html
Ce site Internet a été créé par Liah qui, bientôt, s’est occupée du maintien de celui de 60 millions de filles et gère l’encan électronique qui précède la conférence annuelle – cette année, celle de Betty Makoni qui s’est tenue le 17 novembre. « Je suis finissante en génie à l'École Polytechnique et me sens privilégiée de pouvoir étudier dans une très bonne école, dans le programme de mon choix, dans lequel on retrouve une minorité de filles. J'ai donc décidé d'apporter à la fondation des connaissances techniques afin d'aider à la faire connaître et faciliter les choses. Ce qui est le plus important pour moi est de pouvoir offrir au plus de filles possible la chance d'aller à l'école et suivre leur passion, comme j'ai pu le faire. »
Depuis ses débuts, les projets de 2G2 se sont multipliés. Le groupe a ainsi organisé une fête de fin de session au McKibbins en mai dernier qui a permis d’amasser 2 000 $. Les jeunes bénévoles visitent également plusieurs écoles, afin de promouvoir la fondation 60 millions de filles. « Peu importe son âge, tout le monde peut faire une différence !, croit fermement Vida. Faire du bénévolat et donner de son temps pour le mieux-être de quelqu'un d'autre est l'acte le plus satisfaisant dans la vie. » Vida termine sa deuxième année de baccalauréat aux HEC en marketing, mais continue de s’impliquer activement pour la cause : « J'ai toujours eu le sentiment que ma vie commencerait seulement lorsque j'aurais fini l'école et que je commencerais à travailler, mais la réalité est que ma vie a commencé il y a 20 ans et que je suis aussi capable de poser des gestes maintenant que lorsque je serai “plus grande”. Les jeunes ont le talent et la passion pour faire un changement dans leur entourage et le monde entiers. C'est ce qu'offre 2GENERATION2. »
Bulletin des anciens CSA, décembre 2009
Une nouvelle école partenaire en Chine
Le Collège Sainte-Anne multiplie les partenariats internationaux et souhaite dans un avenir rapproché établir un réseau comprenant une vingtaine d’écoles sur les cinq continents. Lors d’un forum sur l’environnement qui se tenait à Morioka au Japon auquel participaient des représentants de 12 écoles, le directeur du CSA Ugo Cavenaghi en a profité pour tisser des liens privilégiés avec les écoles affiliées de l’Université Fu Dan de Shanghai. Cette nouvelle association favorisera les échanges éducatifs et culturels, mais aussi la coopération entre les deux institutions, notamment au niveau de l’apprentissage des langues (anglais et mandarin).
Le directeur du développement international Michel Twigg a passé quelques jours en Chine en novembre et affirme avoir été renversé par l’excellence académique de l’école secondaire de Shanghai et la maîtrise de l’anglais des élèves, qui l’apprivoisent dès le primaire. Dix élèves et un professeur visiteront le CSA en janvier pour une durée d’un mois et seront intégrés aux activités du Collège, aussi bien dans les cours d’anglais qu’en tant que soutien aux élèves de mandarin ou qu’ambassadeurs de la culture chinoise. Des cours de français de base leur seront également offerts. D’ici là, ces 10 élèves et les 37 élèves de mandarin au CSA apprendront à mieux se connaître, grâce à des échanges de courriels et certaines suivis pédagogiques. Des élèves du Collège apprivoiseront quant à eux l’effervescence de Shanghai en septembre 2010, dans le but de souligner le 60e anniversaire de l’institution.
Ce nouveau partenariat s’inscrit dans la volonté du CSA de mieux outiller les élèves pour qu’ils puissent s’épanouir dans un monde en mutation, dans lequel les frontières entre les pays et les cultures tendent à disparaître. « Avant toute chose, nous cherchons constamment des pistes pour rendre accessible en gestes concerts la communauté internationale, souligne M. Twigg. Il faut aussi s’assurer que les échanges scolaires sont en lien avec les programmes particuliers de notre institution. » Six élèves ont séjourné fin octobre début novembre en Nouvelle-Zélande, dans le but notamment de motiver l’étude du français langue seconde. Rappelons que le CSA fait aussi partie du réseau Globe Espérance, qui regroupe le Cours Sainte Marie de Hann à Dakar (Sénégal), l’Institut Sainte-Ursule de Bruxelles (Belgique) et le Collège privé Blanche de Castille, à Versailles (France), dont les chefs d’établissement coordinateurs, Patrick Aubin et Marie-Annick Compagnion, ont visité le CSA tout récemment.
Ces associations ne sont pourtant qu’une des facettes du plan stratégique du Collège qui vise une plus grande ouverture internationale. Quatre ou cinq journées thématiques sont ainsi intégrées au calendrier chaque année, un engagement communautaire à l’étranger est proposé à ceux qui le souhaitent et pas moins de 300 élèves sortent du pays chaque année dans le cadre de l’un ou l’autre des voyages mis sur pied par le CSA. « Il est essentiel d’atteindre un équilibre entre les volets locaux et internationaux, précise M. Twigg, mais aussi entre l’excellence de notre personnel enseignant, le développement de la technologie, les programmes particuliers et l’international. »
La Clé, décembre 2009
Le directeur du développement international Michel Twigg a passé quelques jours en Chine en novembre et affirme avoir été renversé par l’excellence académique de l’école secondaire de Shanghai et la maîtrise de l’anglais des élèves, qui l’apprivoisent dès le primaire. Dix élèves et un professeur visiteront le CSA en janvier pour une durée d’un mois et seront intégrés aux activités du Collège, aussi bien dans les cours d’anglais qu’en tant que soutien aux élèves de mandarin ou qu’ambassadeurs de la culture chinoise. Des cours de français de base leur seront également offerts. D’ici là, ces 10 élèves et les 37 élèves de mandarin au CSA apprendront à mieux se connaître, grâce à des échanges de courriels et certaines suivis pédagogiques. Des élèves du Collège apprivoiseront quant à eux l’effervescence de Shanghai en septembre 2010, dans le but de souligner le 60e anniversaire de l’institution.
Ce nouveau partenariat s’inscrit dans la volonté du CSA de mieux outiller les élèves pour qu’ils puissent s’épanouir dans un monde en mutation, dans lequel les frontières entre les pays et les cultures tendent à disparaître. « Avant toute chose, nous cherchons constamment des pistes pour rendre accessible en gestes concerts la communauté internationale, souligne M. Twigg. Il faut aussi s’assurer que les échanges scolaires sont en lien avec les programmes particuliers de notre institution. » Six élèves ont séjourné fin octobre début novembre en Nouvelle-Zélande, dans le but notamment de motiver l’étude du français langue seconde. Rappelons que le CSA fait aussi partie du réseau Globe Espérance, qui regroupe le Cours Sainte Marie de Hann à Dakar (Sénégal), l’Institut Sainte-Ursule de Bruxelles (Belgique) et le Collège privé Blanche de Castille, à Versailles (France), dont les chefs d’établissement coordinateurs, Patrick Aubin et Marie-Annick Compagnion, ont visité le CSA tout récemment.
Ces associations ne sont pourtant qu’une des facettes du plan stratégique du Collège qui vise une plus grande ouverture internationale. Quatre ou cinq journées thématiques sont ainsi intégrées au calendrier chaque année, un engagement communautaire à l’étranger est proposé à ceux qui le souhaitent et pas moins de 300 élèves sortent du pays chaque année dans le cadre de l’un ou l’autre des voyages mis sur pied par le CSA. « Il est essentiel d’atteindre un équilibre entre les volets locaux et internationaux, précise M. Twigg, mais aussi entre l’excellence de notre personnel enseignant, le développement de la technologie, les programmes particuliers et l’international. »
La Clé, décembre 2009
Retour triomphal d’une ancienne au Collège
L’effervescence était palpable quand Jayme Rae Dailey a mis les pieds au Collège Sainte-Anne le 10 novembre dernier. Avant de retrouver ses anciens enseignants et d’échanger avec une foule surexcitée, qui avait pris d’assaut la salle Jeannine-Serres, la finaliste de la populaire émission So You Think You Can Dance Canada a d’abord été accueillie par Julie Dubois, directrice adjointe de 5e secondaire et responsable de la Concentration danse du Collège. « Elle reste le parfait exemple d’une jeune fille qui est allée au bout de ses rêves », a-t-elle affirmé avec une fierté non dissimulée.
La voix posée, mais le regard brillant, Jayme Rae a tenu à souligner l’importance des cours de danse suivis au CSA dans le développement de sa carrière : « Je ne serais pas la danseuse que je suis aujourd’hui si je n’avais eu ces bases. » Elle se rappelle avec une émotion toute particulière les spectacles de fin d’année, suivis par toute l’école, qui la motivaient profondément, mais aussi des nombreux liens d’amitié tissés pendant ces cinq années, essentiels encore aujourd’hui.
Elle souligne avoir beaucoup retiré de son passage à l’émission : « J’ai appris à arrêter de trop penser, comment m’améliorer et donner le maximum. Cela m’a donné confiance et m’a prouvé que j’étais plus forte que je ne le pensais. » Ayant vécu en circuit fermé au cours des derniers mois, elle n’a pris conscience de l’ampleur du soutien de ses admirateurs qu’une fois rentrée à la maison. Son frère Jordan, en 5e secondaire au CSA, a ainsi voté pour elle des milliers de fois, soutenu dans sa fièvre par les élèves et plusieurs enseignants du Collège.
La jeune danseuse de 21 ans reste confiante quant à l’avenir et souhaite continuer à se perfectionner. Elle parle aussi de voyager et, par la suite, de chorégraphier, en duo avec sa sœur: « Ensemble, nous sommes les meilleures ! »
La Clé, décembre 2009
La voix posée, mais le regard brillant, Jayme Rae a tenu à souligner l’importance des cours de danse suivis au CSA dans le développement de sa carrière : « Je ne serais pas la danseuse que je suis aujourd’hui si je n’avais eu ces bases. » Elle se rappelle avec une émotion toute particulière les spectacles de fin d’année, suivis par toute l’école, qui la motivaient profondément, mais aussi des nombreux liens d’amitié tissés pendant ces cinq années, essentiels encore aujourd’hui.
Elle souligne avoir beaucoup retiré de son passage à l’émission : « J’ai appris à arrêter de trop penser, comment m’améliorer et donner le maximum. Cela m’a donné confiance et m’a prouvé que j’étais plus forte que je ne le pensais. » Ayant vécu en circuit fermé au cours des derniers mois, elle n’a pris conscience de l’ampleur du soutien de ses admirateurs qu’une fois rentrée à la maison. Son frère Jordan, en 5e secondaire au CSA, a ainsi voté pour elle des milliers de fois, soutenu dans sa fièvre par les élèves et plusieurs enseignants du Collège.
La jeune danseuse de 21 ans reste confiante quant à l’avenir et souhaite continuer à se perfectionner. Elle parle aussi de voyager et, par la suite, de chorégraphier, en duo avec sa sœur: « Ensemble, nous sommes les meilleures ! »
La Clé, décembre 2009
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