Claude Debussy
La Mer
Le vrai conservatoire, c’est le rythme éternel de la mer, le vent dans les feuilles, et mille petits bruits qu’on écoute avec soin.
Debussy
Dans La Mer, une série de trois esquisses symphoniques particulièrement riches et complexes, Debussy tente de capter l’essence même de celle qui a de tout temps inspiré peintres et poètes. L’œuvre ne se veut pas tant la peinture sonore d’un paysage en constante mutation qu’une représentation de la multiplicité des impressions, des souvenirs, des émotions suscitées quand on contemple cette évanescente étendue d’eau.
Richard Wagner
Tristan und Isolde, prélude
La musique commence là où s'arrête le pouvoir des mots.
Richard Wagner
Peu de pages musicales ont autant soulevé les passions que le Prélude de l’opéra Tristan und Isolde, chef-d’œuvre parmi les plus admirés. Wagner y tisse avec brio certains des leitmotive qui lui serviront à illustrer cette légende médiévale, dont ceux de l’aveu, du désir, du regard, du philtre et la délivrance. Il les intègre dans une partition qui repousse les limites du langage tonal, mais surtout, foisonne de sentiments puissants, du vertige de la fièvre amoureuse à une sérénité presque transfigurée.
Hector Berlioz
La mort de Cléopâtre
La musique est le plus poétique, le plus puissant, le plus vivant de tous les arts. Elle devrait aussi en être le plus libre.
Berlioz
Dès ces premiers essais de composition, Berlioz maîtrise parfaitement l’architecture sonore et la multiplicité des textures. Inventeur inspiré aussi bien qu’artisan habile, le jeune Berlioz signe avec La mort de Cléopâtre une œuvre dense, qui ne pouvait qu’effaroucher le jury du Prix de Rome.
Berlioz y utilise déjà nombre de motifs qu’il reprendra dans certains de ses opéras, dont Benvenuto Cellini et Les Troyens. Revisitant entièrement l’alternance convenue des arias et des récitatifs, cette cantate se révèle particulièrement exigeante pour la chanteuse, constamment sollicitée, dramatiquement et vocalement. Les derniers instants de la reine déchue y sont traduits en musique avec brio, tantôt avec une violence foudroyante, tantôt avec une détresse troublante.
Claude Debussy
Prélude à l'après-midi d'un faune
Ces nymphes, je les veux perpétuer.
Si clair,
Leur incarnat léger, qu’il voltige dans l’air
Assoupi de sommeils touffus.
Aimai-je un rêve ?
Stéphane Mallarmé
Premier essai symphonique de Debussy, le Prélude à l’après-midi d’un faune reste l’une des œuvres qui feront irrévocablement basculer le romantisme dans le modernisme. Il n’est pas surprenant que Debussy se soit senti inspiré par ce poème de Stéphane Mallarmé au thème pastoral et empli de sensualité, sa forme inhabituelle ouvrant la porte à un portrait musical d’une grande liberté.
Même si la mélodie de flûte qui ouvre l’œuvre fait une allusion plus ou moins directe au faune (une créature champêtre mythologique), Debussy ne cherche en aucun cas à traduire exactement le poème en musique, mais plutôt à en sous-entendre l’atmosphère. Mallarmé devait d’ailleurs en dire : « Cette musique prolonge l’émotion de mon poème et en situe le décor plus passionnément que la couleur...».
Gabriel Fauré
« Sicilienne », extrait de la musique de scène de Pelléas et Mélisande
Quelques musiciens tentaient dans leurs œuvres de supprimer le sentiment et de lui substituer la sensation, oubliant que la sensation est, en somme, le premier état du sentiment.
Fauré
L’œuvre de Fauré se veut essentiellement transition entre le romantisme et les bouleversements que la musique allait connaître au 20e siècle. Particulièrement novatrice au plan harmonique et inspirée au niveau mélodique, elle révèle un langage unique, d’une grande fluidité. La « Sicilienne », l’un des pages les plus populaires de Fauré, représente admirablement l’essence même du compositeur, puissance de l’inspiration et pureté de l’orchestration s’y sublimant en un tout exquis.
Ce court texte sera retrouvera en accompagnement de l'audioguide réalisé par le Musée des beaux-arts de Montréal en marge de l'exposition Waterhouse.
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