Virtuose salué par la presse internationale, grand défenseur d’André Mathieu, communicateur passionné, le pianiste Alain Lefèvre est l’une des personnalités du classique les plus adulées du Québec, mais aussi l’une des plus éclectiques. Où qu’il se produise, il ne laisse personne indifférent. Nommé en novembre dernier « Personnalité internationale de l’année – Radio » par la prestigieuse Association for International Broadcasting, il a également été récemment pris sous l’aile de la célèbre agence Columbia Artists Management de New York, en plus de voir son travail de compositeur récompensé une nouvelle fois par l’ADISQ. Le premier volet de la série Les Grands Québécois de l’OSM propose de le découvrir sous un éclairage tantôt intime, tantôt flamboyant, alors qu’il endossera tour à tour les habits de pianiste, de compositeur et d’animateur.
Le concert adoptera la forme d’une émission radio, dans laquelle Alain Lefèvre présentera notamment la valse extraite de la Suite pour orchestre de jazz no 2 de Chostakovitch. Il se glissera ensuite derrière le piano pour créer une nouvelle œuvre de François Dompierre avant de retrouver l’OSM pour une version piano et orchestre de la Valse de l’asile de Walter Boudreau et le Concerto en fa de Gershwin, démontrant par l’exemple que « depuis longtemps, les modes se touchent ». Qu’il voue une admiration aux artistes qui, comme Leonard Bernstein ou Friedrich Gulda, ont osé brouiller les frontières entre les genres ne saurait ici surprendre. Nathan Brock, chef assistant de l’OSM, dirigera aussi quelques-unes des compositions d’Alain Lefèvre (en versions orchestrales signées Richard Savignac) dont Lylatov, Un Ange passe, Dis-moi tout et les jazzy Cool Cole et Philip Black Blue. Pour ces trois dernières, le pianiste sera rejoint par le contrebassiste Michel Donato et le batteur Paul Brochu. « Ce sont des réminiscences, des souvenirs, des histoires d’amour », explique-t-il en toute simplicité. La plus grande histoire d’amour pourrait bien être celle qui le lie au public.
Magazine Place des Arts, janvier/février 2011
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