mercredi 17 novembre 2010

Wagner et Dvorak

Richard Wagner
Né à Leipzig, le 22 mai 1813
Mort à Venise le 13 février 1883

Tannhäuser, ouverture
Composition : livret de juillet 1842 à avril 1843, musique de juillet 1843 à octobre 1845
Création de la version originale : 19 octobre 1845 au Königlich Sächsisches Hoftheater de Dresde, sous la direction de Wagner (avec sa nièce Johanna dans le rôle d’Elisabeth)

Si Wagner connaissait l’histoire médiévale du preux Tannhäuser, il ne pouvait la transmettre en musique qu’en la faisant entièrement sienne. « Obéissant à l'impulsion inconsciente qui me poussait vers tout ce qui me paraissait germanique, je ne saisis tout le charme de cette impulsion qu'après avoir lu le simple récit de la vieille légende de Tannhäuser, explique-t-il dans Ma Vie. […] Ce qui fit pencher à présent la balance du côté du livre populaire, c'est qu'on y racontait, en passant, la part qu'avait prise Tannhäuser au tournoi poétique de la Wartburg. »

Quand le rideau se lève, Tannhäuser invoque Vénus, son amoureuse depuis plus d’un an. Un peu lassé du lien qui les unit, il souhaite récupérer sa liberté. Vénus refuse et, dépité, il choisit de faire appel à la Vierge Marie. Il se retrouve au milieu de pèlerins qui louent les gloires de Dieu et rejoint le chevalier Wolfram. Il lui apprend que le landgrave Hermann offrira la main de sa nièce Elisabeth à celui qui lui dédiera le plus somptueux chant d’amour. Le chevalier dresse un portrait musical idéalisé de la belle tandis que Tannhäuser, encore sous l’emprise de Vénus, évoque plutôt les plaisirs de la chair, au grand déplaisir de ceux présents. Néanmoins sous le charme, Elisabeth demande au ménestrel de réaliser un pèlerinage à Rome pour obtenir l’absolution du pape. Quelques mois plus tard, lasse d’espérer son retour, elle remet son âme entre les mains de la Vierge. Fou de douleur quand il constate la mort d’Elisabeth, le héros s’enlève la vie. Un groupe de pèlerins entre sur les entrefaites, portant le bâton de Tannhäuser qui fleurit.

L’Ouverture de l’opéra s’amorce avec la mélodie du chœur des pèlerins, suivie de la musique entendue au Venusberg au premier acte alors que la troisième section évoque la rédemption de Tannhäuser. Le thème du segment médian (aux cordes, en mouvement descendant) devient alors ornementation du chœur des pèlerins, d’abord joué aux trombones puis aux cordes graves avant de culminer dans une apothéose de cuivres, le chant religieux s’unissant à celui de la bacchanale, en un vibrant hommage à Dieu et à la nature.

Antonín Dvořák
Né le 8 septembre 1841 à Mühlhausen, Bohème (maintenant Nelahozeves, République tchèque)
Mort le 1er mai 1904 à Prague

Symphonie no 8 en sol majeur, opus 88
Composition : 1889
Création : le 2 février 1890 à Prague par l’Orchestre du Théâtre national, sous la direction de l’auteur

Au mitan de sa vie,  Antonín Dvořák est devenu un compositeur reconnu internationalement, salué aussi bien pour ses miniatures finement ciselées que ses dons de symphoniste. Les soucis financiers chose du passé, il peut enfin réaliser un de ses rêves les plus chers et acheter une maison de campagne, au creux de collines verdoyantes de Vysoká. Il y complètera à l’automne 1889 « une œuvre différente », épitomé de l’écriture symphonique tardive du XIXe siècle. Souvent qualifiée de « pastorale », dans une tonalité jusqu’alors associée à la musique populaire, la plus tchèque des neuf symphonies de Dvořák se veut l’une de ses pages les plus audacieuses, véritable périple de l’obscurité vers la lumière.

Le premier mouvement s’amorce par une mélodie mélancolique et chaleureuse aux violoncelles, plus ou moins narrateurs de l’œuvre. Ils s’effacent bientôt pour laisser libre cours à un motif bondissant joué par la flûte qui évoque les joies simples de l’enfance. Particulièrement élaboré et ancré aux trois répétitions du thème dévolu aux violoncelles, ce mouvement se termine dans l’allégresse.

Le deuxième mouvement, ponctué de chants d’oiseaux et de ruisseaux scintillants, dresse un saisissant portrait de la vie à la campagne, à laquelle se greffent un instant les musiciens du village.

Le troisième mouvement juxtapose une gracieuse valse et une danse rustique qui finissent par se dissoudre en une dumka exubérante.

Les trompettes annoncent le quatrième mouvement, une série de variations sur un thème d’inspiration folklorique initié, cette fois encore, aux violoncelles. Dvořák concentre en huit mesures l’essence même du matériel mélodique présenté jusque-là : un accord ascendant (le motif de la flûte de l’Allegro con brio) et une séquence descendante (les matériaux du scherzo). Au fil des variations, une sourde douleur semble s’installer, comme si à travers ces répétitions, le compositeur jette un dernier regard vers le monde de l’enfance et ses trois enfants enterrés douze ans auparavant. L’optimisme reprend ses droits à la fin du mouvement, qui se termine par une éclatante coda où dominent les cuivres.

Notes pour programme OSM 23 novembre

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