Au fil des ans, de nouveaux classiques se sont joints aux chants séculaires dont Jesu Bambino, composé par Pietro Yon en 1917, dérivé en partie d’Adeste fideles. Au Québec tout particulièrement, Minuit, chrétiens reste peut-être l’air le plus associé à la traditionnelle messe de minuit. Le texte de Placide Cappeau aurait été mis en musique par Adolphe Adam en 1847 (à qui l’on doit également le ballet Gisèle et une quarantaine d’opéras-comiques). Créé par Emily Laurey, épouse du parolier, dans la petite église de Roquemaure, le cantique devait connaître un succès instantané, qui ne s’est jamais démenti.
Entendu pour la première fois le 23 décembre 1893 à
Weimar sous la direction de Richard Strauss, l’opéra Hansel et Gretel
d’Engelbert Humperdinck (1854-1921) est basé sur un livret signé par la
sœur du compositeur, pensécomme cadeau de Noël pour ses enfants, qui reprend
les grandes lignes du populaire conte recueilli par les frères Grimm. Cette
œuvre lyrique reste particulièrement remarquable pour la maestria avec laquelle
Humperdinck tisse ensemble des thèmes inspirés de la musique folklorique et une
orchestration digne de son maître, Wagner.
Les
compositions évoquant les visages changeants des saisons demeuraient
particulièrement populaires à l’époque baroque, mais nul peut-être mieux qu’Antonio Vivaldi (1678-1741) et ses Quatre Saisons n’a su les peindre
avec autant de vivacité. Dans « L’Hiver »,
il représente les claquements de dents (à travers certaines dissonances), le
piétinement des pieds chaussés de bottes, le réconfort d’un feu de foyer et une
violente tempête de neige (soulignée par les traits de gamme rapides). Un
tendre zéphyr fait un bref retour, bientôt balayé par les vents d’hivers, plus
rudes et féroces que jamais.
Gilles Bellemare (né à Shawinigan en 1952) a amorcé ses études musicales en percussion, en écriture musicale et en composition à Trois-Rivières, avant de se perfectionner à la Hochschule für Musik und Darstellende Kunst de Vienne et à l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia, à Rome. Directeur artistique et chef attitré de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières pendant plus de 27 ans, il a reçu en 2004 le Prix Opus de directeur artistique de l’année. La composition occupe une part aussi importante de son quotidien. (Il est d’ailleurs responsable des classes d’écriture musicale et de direction d’orchestre au Conservatoire de musique de Trois-Rivières depuis 1984). Si on lui doit récemment nombre d’orchestrations des œuvres d’André Mathieu, il a également signé Non piu di trenta pour orchestre (1979) et Zones pour huit instruments (1980) créées par I Solisti di Roma, Trois chansons pour Radegonde (1981) sur des textes d'Antonine Maillet, Argutie pour six instruments (1982) commandée par l'ensemble de musique nouvelle d'Autriche et Au pays des densités perdues (1988). Réjouissances, une commande de l’OSM, créée l’année dernière, est basée sur des airs traditionnels québécois, certains provenant de la Nouvelle-France et d'autres plus contemporains. On y retrouve notamment le Reel de Sherbrooke et des chansons de La Bolduc.
Concert privé BMO de l'OSM
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