lundi 18 juin 2012

La Recrue - juin 2012


Alors que plusieurs songent à prendre la route, pour un weekend prolongé, quelques semaines, tout l’été, nous vous proposons une série de voyages, aussi bien réels qu’intérieurs. Notre recrue du mois, Sur la 132 se veut un roman d’atmosphères, de personnages, une histoire de délocalisation volontaire, de fuite, de découverte. Certains de nos collaborateurs ont apprécié le dépaysement, d’autres ont eu l’impression de crouler sous l’avalanche de détails. On ne pourra certes pas accuser Gabriel Anctil d’avoir misé sur la tiédeur ou d’avoir une fois pour toutes mis fin à l’éternelle opposition entre grandes villes et région. Il propose plutôt un Québec, son Québec. « L’écriture est essentielle dans ma vie, explique d’ailleurs l’auteur  dans le questionnaire. Elle me permet surtout de m’élever au-dessus de la routine et du quotidien, qui peuvent être terriblement abrutissants par moment. Elle me permet aussi de créer un monde, des personnages et de mettre sur papier ma vision particulière du Québec, de notre époque et de la vie en général. »

Premier titre de la nouvelle collection Lycanthrope qui ravira les amateurs de gothique et de fantastique, Transtaïga nous fait découvrir autrement les 666 km de route entre la Baie-James et le réservoir Caniapiscau. « Meurtre, sang, folie, suspense, surprise, tout y est et se tient dans ce petit livre qui se dévore », soutient notre collaboratrice Mylène Durand. Vous préférerez peut-être la Californie de Jonathan, Adam et George, protagonistes de Dans l’ordre ou le désordre d’Anne Thériault. Un bonheur inattendu de Marella Caracciolo Chia (notre suggestion « hors Québec »), une histoire d’amour d’une autre époque, vous amènera sur les bords du Lac Majeur. Pendant ce temps, Lee, l’antihéros de T’es con, point de Doug Harris, privilégiera les substances licites et illicites pour s’évader, dans un « formidable roman d’ambiance, où il ne passe rien d’autre que la vie avec ses hauts et ses bas » explique Christine Champagne. Les amateurs de poésie apprécieront sans aucun doute la découverte d’un univers aux contours volontairement flous. « D’une crevasse à l’autre / avons-nous / habité ces lieux? » interroge Mélina Bernier dans Amour debout. Et si, au fond, nous n’étions que de passage? La littérature ne relève-t-elle pas par nature du voyage?

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