
Voix ensorcelante, registre éblouissant, simplicité désarmante, au fil des ans, Isabelle Boulay a démontré qu’elle demeure bien plus que Juste une étoile. Entre Matane et Bâton-Rouge, au Québec comme sur les plus grandes scènes d’Europe, avec tendresse, avec fièvre, avec conviction, elle décline l’amour, tant qu’il existera, sous toutes ses formes : celui qui saigne, celui qui questionne, celui qui élève.
Bercée, enveloppée, façonnée par la chanson depuis sa plus tendre enfance, Isabelle a toujours su qu’elle irait jusqu’au bout. Sous l’œil bienveillant de ses parents, de sa tante Adrienne, week-end après week-end elle chante, et rapidement devient la vedette de son village de Sainte-Félicité. En 1983, la famille s’installe à Matane, ville à apprivoiser pour cette enfant qui souhaite Trop de choses. Loin des regards, elle cherche sa voie, travaille sa voix. En 1990, elle fonce et renverse public et critique au Festival en chanson de Petite-Vallée. L’année suivante, elle renouvelle l’exploit et est sacrée meilleure interprète au Festival international de la chanson de Granby. Une autre vie l’appelle et elle assure les premières parties d’André-Philippe Gagnon et Claude Dubois, se joint à la tournée de Dan Bigras. L’année 1995 est à marquer d’une pierre blanche alors qu’elle devient la voix d’Alys Robi dans la télésérie du même nom et que sa route croise celle de Luc Plamondon, à la recherche d’une nouvelle Marie-Jeanne. Au cours des trois années qui suivront, elle interprètera Monopolis sur diverses scènes européennes, 350 fois plutôt qu’une.
En 1996, premier album, premier tube – Et mon cœur en prend plein la gueule –, elle gagne l’affection du public. Deux ans plus tard, États d’amour lui permet de remporter le premier d’une longue série de Félix. Je t’oublierai, je t’oublierai tourne partout et l’année suivante, Isabelle foule pour la première fois la scène de l’Olympia de Paris. Août 2000, Mieux qu’ici-bas s’écoule à près de deux millions d’exemplaires et pave la voie vers la consécration. Les yeux au ciel, la chanteuse enchaîne les tournées, accumule les récompenses, les triomphes. Parvenue au sommet, elle laisse les émotions décanter puis, en 2004, les transmet dans Tout un jour. Rien ne pourra arrêter sa lancée. Je veux Simplement tout, semble-t-elle affirmer.
Changement de cap en 2007, alors qu’elle effectue un retour à la source, puise dans ses racines, celles des airs country de son enfance. Le public québécois s’avère séduit, la critique porte l’album aux nues. Isabelle a bouclé la boucle et se sent prête à faire face aux lendemains, ceux qui chantent. « Où est ma vie? », y demande-t-elle. Sa voix chaude prend les devants et répond pour elle. Quand vos cœurs m’appellent, je suis À vous. Non, je ne regrette rien. C’était notre histoire. Une histoire d’amour comme aucune autre.
Les mots en italique font tous référence à des titres de chansons d'Isabelle Boulay. Notes pour une compilation de 3 CD Analekta/Sélection du Reader's Digest.
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