« Est-ce une réponse inconsciente à ce que tu m’écrivis un jour : “Tu me fais parfois l’impression d’un enfant? ” S’il en est ainsi, tu verras que des ailes ont poussé à cet enfant, car j’ai écrit plus de 30 petites pièces et j’en ai choisi une douzaine que je réunirai sous le nom de Scènes d’enfants. Tu prendras sans doute plaisir à les jouer, mais il te faudra oublier que tu es une virtuose! » (Robert Schumann à sa future femme Clara, février 1838). Volontairement dépouillées, ces 13 courtes pièces révèlent la maturité musicale du compositeur, sa maîtrise de l’écriture, son imagination mélodique et transmettent en quelques gestes ces « regards d’un adulte sur les premières années ».
Sommet de la littérature pour piano tant par ses dimensions que son audace, œuvre prodigieuse sur le plan technique et émotionnel, les Variations Diabelli représentent le testament pianistique de Beethoven. De 1819 à 1823, l’éditeur et compositeur Anton Diabelli propose sa valse à une cinquantaine de collègues, chacune de leurs variations se greffant à un ouvrage collectif. Czerny, Schubert, Hummel et même le jeune Liszt décident de s’y frotter. Beethoven, après avoir décliné le projet, finit par livrer, non pas une relecture, mais bien 33. Plus qu’une série de transformations d’un thème assez convenu, l’œuvre se veut une convergence d’impressions vers la piécette de Diabelli. Grâce à des éclairages en perpétuelle mouvance, qui annoncent les grands émois romantiques, Beethoven signe une synthèse des possibilités offertes par la technique pianistique d’une époque, un microcosme de la matière sonore. Peu d’interprètes osent se mesurer à ce chef-d’œuvre. Stephen Kovacevich revisite, 40 ans après un premier enregistrement, ce corpus titanesque dans lequel le pianiste doit non seulement combattre les embuches pianistiques, mais mener l’œuvre d’un souffle constant.
Notes de programme, récital 12 août 2009, Festival de Knowlton
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire