Né à Ciboure en 1875, mort à Paris en 1937
Maurice Ravel est entré au Conservatoire de Paris
à l’âge de 14 ans et y a étudié notamment avec Charles de Bériot (en piano) et
Gabriel Fauré (en composition). Il termine ses études en 1900 et l’année
suivante remporte un deuxième prix au Concours de Rome pour sa cantate Myrrha. Même si le directeur du
Conservatoire jugeait les devoirs de Ravel des « incorrections terribles
d’écriture », Ravel est aujourd’hui considéré un « classique ».
Les spécialistes s’entendent pour louer sa
remarquable originalité, ayant mené à un assouplissement plutôt qu’une
révolution du langage harmonique et sa grande maîtrise des genres. « Mon objectif est donc la perfection technique. Je puis y tendre
sans cesse, puisque je suis assuré de ne jamais l’atteindre. L’important est
d’en approcher toujours davantage. L’art, sans doute, a d’autres effets, mais
l’artiste, à mon gré, ne doit pas avoir d’autre but », explique-t-il dans Esquisse biographique.
Orchestrateur magistral, Ravel a su exploiter les
différents timbres instrumentaux, qui deviennent sous ses doigts une véritable
palette. Il refuse la surcharge, lui préférant la diversification des couleurs
et l’individualité de chacune de celles-ci. La plupart de ses œuvres font
maintenant partie du répertoire de concert. Parmi celles-ci, mentionnons le
ballet symphonique Daphnis et Chloé
(dont on célèbre en 2012 le centenaire de création), ses deux concertos pour
piano et orchestre, l’orchestration des Tableaux
d’une exposition de Moussorgski et son célébrissime Boléro.
Igor Stravinski
Né à Oranienbaum
(près de Saint-Pétersbourg) le 17 juin 1882, mort à New York le 6 avril 1971
Musicien
révolutionnaire, Stravinski est le premier à utiliser la polytonalité de façon
affichée. Loin de nier la dissonance, Stravinski la perçoit plutôt comme un
enrichissement de la tonalité. Il manipule également habilement la rythmique en
magnifiant l’usage des syncopes et des déplacements des accents naturels, en
privilégiant les rythmes non symétriques, en intercalant de nombreuses ruptures
rythmiques et en opposant mesures ternaires et binaires.
La première du Sacre
du printemps, le 29 mai 1913 au Théâtre des Champs Élysées à Paris, devait
déclencher l'un des plus retentissants scandales de l'histoire de la musique. Une
rixe éclate entre ceux qui aiment et les autres qui détestent le ballet,
rendant par moments la musique quasi inaudible. Imperturbable, le chef
d'orchestre Pierre Monteux dirige l’œuvre jusqu'au bout. Elle deviendra néanmoins
l'un des piliers du modernisme
musical, aux cotés du Prélude à l'après-midi d'un faune de Claude
Debussy et du Pierrot lunaire d'Arnold Schoenberg, tous deux créés
l’année précédente. On doit également à Stravinski les ballets Petrouchka, L’Oiseau de feu, Apollon
musagète, l’opéra-oratorio Œdipus Rex
et la Symphonie des psaumes. Pour
lui, la musique doit permettre d’« instituer un ordre dans les choses, y
compris et surtout un ordre entre l'homme et le temps ».
Sergueï Prokofiev
Né le 27 avril 1891 à Sontsovka
(Ukraine), mort le 5 mars 1953 à Nikolina Gora (près de Moscou)
Sergueï
Prokofiev reçoit ses premières leçons de piano de sa mère. Très tôt, il compose
de courtes pièces et, à l’âge de neuf ans, a déjà écrit un opéra pour enfants, Le Géant. Pour obtenir son diplôme du
conservatoire à 23 ans, il présente son Premier
Concerto pour piano au jury. L’œuvre sèmera la zizanie dans le camp des
critiques. « À mon avis, ce serait déshonorer la Musique que de vouloir donner
ce nom à la partition de M. Prokofiev, dure, énergique, rythmique et grossière.
Il semble que ce musicien à force de chercher la nouveauté – qui est pourtant
essentiellement étrangère à son être – ait perdu le sens des réalités »,
s’exclame Leonid Sabanéïev dans La Voix de Moscou.
Pourtant, à
partir de ce moment, le nom du compositeur se mettra à circuler comme une
traînée de poudre et Prokofiev deviendra l’enfant terrible de la musique russe.
« Le mérite principal de ma vie (ou,
si vous préférez, son principal inconvénient) a toujours été la recherche de
l’originalité de ma propre langue musicale. J’ai horreur de l’imitation et j’ai
horreur des choses déjà connues », dira-t-il lui-même.
On lui doit des
opéras dont Guerre et paix, sept
symphonies, neuf concertos, les ballets Roméo
et Juliette et Cendrillon, les
trames sonores des films d’Eisenstein Alexandre Nevski et Ivan le
Terrible, ainsi que le célèbre conte musical Pierre et le loup.
(Orchestre symphonique royal, Rabat)
(Orchestre symphonique royal, Rabat)
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