Composé en1897 d’après une ballade de Goethe, L’Apprenti sorcier
de Paul Dukas (1865-1935) a connu dès ses débuts un succès jamais
démenti depuis. Si sa trame narrative reste assez simple, la palette
orchestrale très riche et la logique de sa construction rendent l’œuvre
captivante.
Dans la lente introduction, les clarinettes
proposent un motif hésitant que les autres bois reprennent. Le rapide
scherzo se dessine, bientôt freiné par la formule du début, cette fois
aux flûtes puis aux cors. Une nouvelle reprise de mouvement est amorcée,
aussitôt abandonnée. Les esprits sont convoqués; les sons se succèdent,
à des intervalles toujours plus rapprochés, jusqu’à ce que les bassons
attaquent le thème principal.
La musique devient alors plus
fluide, telle l’eau que le balai rapporte de la rivière. Au premier
sommet, les cuivres expriment la rage impuissante de l’apprenti.
Quelques accords brefs et secs de tout l’orchestre, des tierces répétées
aux trompettes, suivis d’un court silence, donnent à croire au répit de
l’élève. Le contrebasson et la clarinette basse gémissent, quelques
notes du thème refont surface. L’orchestre entame un nouveau crescendo
en canon, qui traduit la marche décalée des deux balais.
Le
désordre semble à son comble quand résonne la formule du maître sorcier
aux cuivres. Le basson insiste, la clarinette semble regretter
l’excitation des derniers instants. Le calme serait-il enfin revenu? Pas
tout à fait. Deux mesures jouées à un rythme accéléré – brève
réprimande du sorcier – y mettent le point final.
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