mercredi 29 février 2012

Apprenti sorcier

Composé en1897 d’après une ballade de Goethe, L’Apprenti sorcier de Paul Dukas (1865-1935) a connu dès ses débuts un succès jamais démenti depuis. Si sa trame narrative reste assez simple, la palette orchestrale très riche et la logique de sa construction rendent l’œuvre captivante.

Dans la lente introduction, les clarinettes proposent un motif hésitant que les autres bois reprennent. Le rapide scherzo se dessine, bientôt  freiné par la formule du début, cette fois aux flûtes puis aux cors. Une nouvelle reprise de mouvement est amorcée, aussitôt abandonnée. Les esprits sont convoqués; les sons se succèdent, à des intervalles toujours plus rapprochés, jusqu’à ce que les bassons attaquent le thème principal.

La musique devient alors plus fluide, telle l’eau que le balai rapporte de la rivière. Au premier sommet, les cuivres expriment la rage impuissante de l’apprenti. Quelques accords brefs et secs de tout l’orchestre, des tierces répétées aux trompettes, suivis d’un court silence, donnent à croire au répit de l’élève. Le contrebasson et la clarinette basse gémissent, quelques notes du thème refont surface. L’orchestre entame un nouveau crescendo en canon, qui traduit la marche décalée des deux balais.

Le désordre semble à son comble quand résonne la formule du maître sorcier aux cuivres. Le basson insiste, la clarinette semble regretter l’excitation des derniers instants. Le calme serait-il enfin revenu? Pas tout à fait. Deux mesures jouées à un rythme accéléré – brève réprimande du sorcier – y mettent le point final.

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