Félix Mendelssohn
Né à
Hambourg le 3 février 1809
Mort à
Leipzig le 4 novembre 1847
Si Schumann n’a pas hésité à qualifier Mendelssohn de «
Mozart du XIXe siècle », Goethe lui-même, qui avait été témoin des
interprétations des deux jeunes musiciens, confirmait que celui-ci jouait de
façon encore plus lumineuse que son prédécesseur. Petit-fils du philosophe
Moses Mendelssohn et fils d’un banquier berlinois prospère, Félix grandit dans
une maison fréquentée par l’élite intellectuelle de l’époque, tant littéraire,
philosophique que musicale. S’y croisent, de façon hebdomadaire, Hegel, Heine,
plusieurs musiciens du Philharmonique de Berlin, de jeunes chanteurs prometteurs,
Carl Friedrich Zelter, premier maître du prodige, et Carl Maria von Weber,
influence marquante.
Le jeune Félix compose avec une fébrilité constante, nourri
par ses lectures, les voyages effectués avec la famille et les discussions avec
sa sœur Fanny. Le 5
décembre 1822, il paraît pour la première fois en public, alors qu’il
accompagne la cantatrice Anna Milder-Hauptmann et joue en soliste son Concerto
en la mineur pour piano et orchestre,
tout juste complété. La production de l’année suivante s’avèrera
remarquable : six symphonies, un deuxième quatuor avec piano, un concerto
pour violon et cordes en ré mineur,
dédié à Eduard Rietz, ami, mentor et membre de son quatuor, un concerto en mi majeur pour deux pianos, le Concerto
en ré mineur pour piano, violon et
orchestre à cordes et un opéra, Les Deux
Neveux, créé le jour même du 15e anniversaire de Félix. Enthousiasmé
par ce qu’il venait d’entendre, Zelter aurait serré le jeune homme dans ses
bras en affirmant : « Mon cher enfant, à dater de ce jour, tu cesses
d’être un apprenti musicien et tu deviens un confrère, je le proclame aux noms
de Mozart, de Haydn et de Bach. »
Malgré tous les succès déjà remportés par son fils, Abraham
Mendelssohn hésite. Son beau-frère, Jacob Bartholdy, le prévient dans une
lettre : « Je ne puis me faire à l’idée que l’on fasse de Félix un
musicien de profession. Ce n’est pas une carrière, ni une vie, ni un but; on
n’est pas plus avancé au commencement qu’à la fin et on en est pleinement
conscient. […] Laisse ce garçon acquérir une culture générale, et prépare-le à
faire une carrière d’état en étudiant le droit à l’Université. Son art
demeurera son ami et son compagnon. » Il soutiendra finalement jusqu’au bout
les rêves de son fils.
Artiste particulièrement polyvalent, Mendelssohn deviendra à
la fois compositeur, pianiste virtuose réputé, chef d’orchestre, chef de chœur,
pédagogue et fondateur du célèbre conservatoire de Leipzig. Véritable charnière
entre les siècles, il mettra en lumière les géants du passé : Bach bien
sûr, mais aussi Mozart, dont il joue régulièrement les concertos et Beethoven,
dont il dirige les symphonies. Non content de donner la première de ses propres
œuvres, il adoptera également celles de ses contemporains, notamment Wagner.
Georges Bizet
Né à Paris le
25 octobre 1838
Mort à Bougival
le 3 juin 1875
Quand Bizet entre au Conservatoire de Paris en 1847 dans
la classe de piano d’Antoine-François Marmontel, celui-ci note déjà qu’il « joue toutes les sonates de Mozart avec
goût et sans affectation ». Après avoir obtenu son premier prix à 14 ans,
il se joint à la classe de composition de Fromental Halévy, en plus de travailler
de façon parallèle avec Charles Gounod, qui demeurera une grande influence.
En 1957, il se démarque des
autres candidats lors d’un concours organisé par Offenbach au Théâtre des
Bouffes parisiens, avec son opérette Le
Docteur miracle et se voit décerner le prix de Rome pour sa cantate Clovis
et Clotilde. De retour d’Italie, après avoir soutenu Gounod dans
l’orchestration de La Reine de Saba, il compose Ivan IV, un grand
opéra historique, et reçoit l’année suivante une commande de Carvalho, le directeur
du Théâtre Lyrique, pour Les Pêcheurs de perles.
Orchestre symphonique Royal (Rabat, Maroc), programme d'octobre 2012
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