vendredi 26 juin 2009

Instrument de transmission


Si on tente d’accoler une étiquette à Jonathan Crow, on reste démuni tant il prend un malin plaisir à les balayer du revers de la main. Né à Prince George en Colombie-Britannique, il a adopté Montréal sans réserve depuis ses études universitaires. Quand il échange avec un interlocuteur, il le fait de façon volubile et pourtant, il semble toujours particulièrement attentif aux propos glissés par l’autre et y réplique sur-le-champ. Doté d’un physique plus qu’avantageux, il choisit le plus souvent la discrétion. On demeure avec l’impression qu’il a ni plus ni moins grandi sous le regard bienveillant des abonnés de l’OSM, troublés presque autant par sa justesse irréprochable et l’ampleur de sa sonorité que par son air d’éternel adolescent. On parle de lui en l’appelant Jonathan, jamais M. Crow. Difficile d’admettre, sauf en acceptant un décompte rapide – il est né en 1977 – que la poussette deux-places stationnée au pied de l’escalier de sa résidence et les petites espadrilles dispersées dans l’entrée confirment qu’il est un père comblé, qui ne s’offusque même pas que son aînée préfère le son de la voix ou du violoncelle à celui de son violon.

Musicien d’orchestre, soliste, chambriste, pédagogue, il refuse d’être cantonné dans un seul genre. Il fréquente avec autant d’aisance Bach ou Tchaïkovski que Ligeti, Schnittke ou des compositeurs canadiens tels que Michael Conway Baker, Eldon Rathburn, Barrie Cabena, Ernest MacMillan ou Healey Willan. « Je trouve particulièrement intéressant qu’un élève arrive avec une pièce contemporaine dont je ne sais rien, confie-t-il. Cela m’aide à élargir mes connaissances musicales. Il y a tant de répertoire à couvrir et tellement de choses intéressantes à faire ! »

Entré à 19 ans à l’Orchestre symphonique de Montréal en tant que deuxième violon solo associé, il migre après quelques mois vers la chaise de premier violon solo associé. En 2002, il est nommé violon solo, devenant ainsi le plus jeune instrumentiste à occuper un tel poste au sein d’un grand orchestre nord-américain – fonction qu’il a assumée jusqu’en 2006. Entre deux concerts de la saison régulière, il continue de jouer comme soliste avec d’autres ensembles. En mai 1997, il interprète le Concerto pour violon de Tchaïkovski lors d’un concert-bénéfice au profit du Victoria Symphony, placé sous la direction de sir Yehudi Menuhin. Soufflé par ce qu’il vient d’entendre, ce dernier le réinvite à se produire avec l’orchestre l’année suivante. Dans une entrevue accordée à La Scena musicale en 1999, Jonathan Crow affirmait vouloir donner une dizaine de concerts solos par année. Il maintient toujours cette promesse, malgré ses 18 étudiants à l’Université McGill et ses activités de chambriste, que ce soit au sein du trio à cordes Triskelion, avec ses complices l’altiste Douglas McNabney et le violoncelliste Matt Haimovitz (tous deux également professeurs à l’Université McGill), avec lesquels il a récemment enregistré les Variations Goldberg ou, dès juillet, avec les membres du nouveau Quatuor Orford (voir encadré).

Il préfère de loin l’effervescence de projets multiples au train-train routinier. « Le public devient souvent blasé et c’est dommage, explique-t-il. C’est pourquoi j’ai choisi de me concentrer sur le répertoire de musique chambre à ce stade-ci de ma carrière. J’ai beaucoup aimé jouer dans un orchestre mais, dans une salle de 3000 places, la personne assise au dernier rang semble terriblement loin de vous et il est difficile d’établir un rapport avec elle. Si vous jouez par exemple les Variations Goldberg pour 300 personnes, vous pouvez voir la personne dans la dernière rangée et dire si elle ronfle, si elle apprécie ou si la musique la touche. Cette interaction avec le public permet de rendre chaque concert différent. Quand il y a trop de personnes dans la salle, la foule devient sans visage et vous ne pouvez plus maintenir cette connexion. »

Il avoue ne pas adhérer aux discours des fatalistes qui brandissent la menace de l’extinction prochaine de la musique de concert : « On en parle depuis des centaines d’années ! Je pense que les jeunes musiciens sont très réalistes quant à la musique classique. Il y a quelques années, le but était d’obtenir un poste dans un orchestre. Ce n’est pas qu’ils refusent cette éventualité, mais ils ont aussi des projets très intéressants. Certains parlent d’enseigner en Inde, d’autres de jouer dans des lieux inusités, comme le fait Matt Haimovitz. Le milieu évolue, tout simplement. En tant que musiciens classiques, nous devons mieux comprendre notre rôle. Dans une salle, 10 % du public n’est là que de corps, 80 % souhaite un bon divertissement, une belle soirée et apprécie le concert et le 10 % restant est constitué de personnes que vous pouvez réellement toucher… peut-être même seulement 5 %, peu importe. Mais chaque fois que j’ai joué les Variations Goldberg, au moins une personne est venue me dire que c’était le concert le plus merveilleux auquel elle avait assisté. Si nous pouvons susciter de telles réactions, nous aurons plus que réussi notre pari. Le public en aura retiré quelque chose, aura été touché par la musique. »

Cette proximité, il la recherche également en récital ou dans le studio d’enregistrement, même si elle est moins palpable quand il s’agit de transmettre, comme sur ce CD sous étiquette XXI-21, les subtilités d’un répertoire pour violon solo aussi exigeant pour l’interprète – notamment dans la redoutable sonate de Bartók – que pour l’auditeur, qui ne sait pas toujours où donner de l’oreille. « Quand vous voyez un violoniste et un pianiste s’avancer, vous avez des attentes, même si elles peuvent se révéler fausses. Vous savez que le piano aura la ligne de basse, par exemple. Quand vous pensez à un violon seul, vous vous demandez peut-être : “Où est la basse ?” C’est une chose à laquelle je réfléchis quand je joue : qu’écoutera l’auditeur, de quoi a-t-il besoin pour que le tout soit cohérent ? Il doit avoir une idée générale de la structure et je m’applique donc à la clarifier. Cela est encore plus difficile à établir quand vous enregistrez car, au concert, le public peut voir ce que vous faites, comment vous respirez, quand les notes sont produites. Sur un enregistrement, il n’y a rien de tout cela. »

Ce lien privilégié, il le développe aussi avec ses élèves, dont il parle avec fierté. « Je ne savais pas à quoi m’attendre quand j’ai accepté ce poste à McGill. J’avais déjà enseigné, mais jamais à autant d’élèves à la fois. À 18 élèves, ils deviennent pratiquement une famille et ils s’entraident. Ils jouent l’un pour l’autre, offrent des suggestions d’interprétations, se félicitent, s’encouragent. » Il essaie également de s’adapter à leurs diverses personnalités, tout comme son professeur Jehonatan Berick l’a fait avant lui : « Une des choses que j’aimais chez lui, c’est qu’il n’avait pas de système. Quand il enseignait, il le faisait selon les forces de chaque élève. Il était exceptionnel pour adapter son enseignement et c’est quelque chose que j’essaie de faire constamment. Tous les élèves ont des besoins différents. Peu importe qui nous étions, il nous traitait avec le même respect, semblait s’intéresser à chacun de nous. »

Cette considération, cette complicité, il les transmet aussi bien au concert qu’en répétition. « Nous avons joué ensemble plusieurs fois au cours des années, dit le violoncelliste Brian Manker, et l’expérience a toujours été très facile et dénuée de conflits. Jonathan est extraordinairement rapide, intelligent et perspicace. » Le violoniste aurait vraisemblablement rougi légèrement après un tel compliment ou il aurait peut-être simplement empoigné son instrument. Après tout, les paroles s’envolent mais la musique, elle, reste.

Encadré
Le nouveau Quatuor Orford

L’été de Jonathan Crow sera particulièrement chargé et comprendra des concerts au Colorado, à Victoria, à Lachine (le programme du disque) et à Calgary, mais aussi une collaboration avec l’Orchestre national des jeunes du Canada et deux semaines de cours au Centre d’arts Orford. À l’initiative de Davis Joachim, directeur général de l’académie estivale, le Quatuor Orford renaîtra de ses cendres, grâce à l’union des talents d’Andrew Wan (jeune violon solo de l’OSM), Eric Nowlin (alto solo associé du Toronto Symphony Orchestra), Brian Manker (violoncelle solo de l’OSM) et Jonathan Crow. Essentiellement axé sur les projets, le quatuor ne prévoit pas de longues tournées, chacun des membres devant faire face à de nombreuses responsabilités tant professionnelles que familiales.

Lors de leur premier concert, le 25 juillet, ils interpréteront le Quatuor opus 20 no 2 de Haydn, l'opus 132 de Beethoven et le Quatuor d'Ernest McMillan, « une pièce fantastique, malheureusement négligée ». Ils serviront également de mentors à de jeunes quatuors, auxquels ils enseigneront notamment les rudiments de séances de répétition réussies. « Plusieurs musiciens n’ont jamais répété ensemble auparavant et ne savent pas toujours comment tirer profit de la situation, précise Jonathan Crow. Je peux dire à quelqu’un : “Je n’aime pas comment tu joues” sans qu’il quitte la pièce en pleurant. Des quatuors à cordes qui entretiennent des liens serrés pendant 30 ans restent rarissimes et c’est quelque chose de très difficile à accomplir. Je pense que si les gens pouvaient apprendre à répéter et à réagir de façon respectueuse et pourtant professionnelle, tout serait plus facile. Par exemple, Brian [Manker] ne s’enfarge pas dans les fleurs du tapis et il est très franc quand il exprime ses opinions. S’il n’aime pas ce que je fais, nous y travaillerons et personne ne sera offusqué! »

Ce dernier admet avoir très hâte de se joindre à l’aventure : « On étiquette les gens, vous héritez d’un rôle déterminé : “Brian Manker est le violoncelle solo de l’OSM.” Le public oublie que vous êtes avant tout un musicien. Je joue dans des quatuors depuis l’adolescence ! » Il reste convaincu que le fait que les musiciens du quatuor aient tous des vies professionnelles parallèles deviendra une force du quatuor, que ce trait les rendra uniques : « Des quatuors peuvent devenir défraîchis. Le fait de travailler par projets gardera celui-ci vivant. Nous offrirons des concerts excitants, j’en suis persuadé. »
Article couverture La Scena Musicale, juillet-août 2009

Jonathan Crow, violon. Œuvres de Bartók, Bach, Prokofiev et Kreisler pour violon seul. Étiquette XXI-21

Dans ce récital pour violon seul, Jonathan Crow nous propose autre chose que les habituels Paganini/Ysaÿe. Il entame ce programme équilibré et adroitement agencé – dont on perçoit l’unité dès la deuxième écoute – avec la Sonate de Bartók, écrite pour Yehudi Menuhin (et qui a exigé de multiples ajustements). Le violoniste canadien l’aborde avec une telle facilité qu’on en oublie qu’elle est devenue un Everest impossible à mater pour nombre de ses collègues. On préfère en effet de beaucoup se concentrer sur les aplats de sonorités. Le texte reste toujours d’une remarquable intelligibilité, alors que Crow détaille les lignes mélodiques complémentaires, comme si elles provenaient d’instruments différents. Souplesse de l’archet, justesse irréprochable et palette sonore riche servent tout aussi bien la Partita en mi majeur de Bach, qui offre un pendant presque naturel à la sonate de Bartók, celle-ci comprenant en effet une fuga et un tempo di ciaccona. De la même façon, la Sonate de Prokofiev, dernière œuvre pour violon seul du compositeur russe, semble prolongement du Bach et rappel du Bartók (ultime œuvre complétée par ce dernier). Ici aussi, la sonorité demeure exceptionnellement ample, l’articulation d’une précision infaillible et la respiration musicale confondante d’aisance (particulièrement dans le thème et variations).

La Scena Musicale, juillet-août 2009

mercredi 10 juin 2009

La vie musicale à Trois-Rivières, 1920-1960

Quand on évoque aujourd’hui la vie musicale trifluvienne, plusieurs images surgissent spontanément : l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières, les multiples manécanteries, le nom de certains musiciens de la région reconnus sur les scènes nationale ou internationale. Pourtant, avant 1960, la diffusion de la musique classique reposait essentiellement sur les efforts de fervents amateurs qui, bénévolement, à travers fanfares, chorales, œuvraient dans l’ombre. Dans cet ouvrage particulièrement fouillé, mais néanmoins présenté dans un style accessible, enrichi d’une iconographie parfois émouvante, Amélie Mainville retrace le climat si particulier de ces 40 ans pendant lesquelles Trois-Rivières est passée de ville boudée par les grands artistes à lieu à la vitalité certaine. On découvre la petite histoire, souvent fascinante, de la démocratisation de l’accès à la musique classique, qui implique une éducation du public, et qui mènera à l’éclosion d’une nouvelle dynamique, grâce à des pionniers tels J.-Antonio Thompson (qui met sur pied une série de concerts commentés), Anaïs Allard-Rousseau ou Gilles Lefebvre (fondateurs du mouvement des Jeunesses Musicales du Canada). Une page méconnue de notre passé musical à s’approprier d’emblée!

La Scena musicale, juillet-août 2009

Pax (Petits Chanteurs du Mont-Royal)


« Chorus est consensio cantantium », écrivait saint Augustin dans son Psaume 149 au IVe siècle, locution latine qu’on pourrait traduire par « Le chœur est un ensemble de personnes chantant ensemble » mais aussi « Le chœur est un accord de chanteurs ». Il va plus loin : « Si nous chantons en chœur, nous chantons pour le cœur. » Selon les sources, le mot chœur serait dérivé du latin corona (couronne, position des choristes quand ils chantent) ou concordia (sans union, comment psalmodier ensemble?) ou encore du grec χάρά, joie ou allégresse. Une chose reste assurée : le chœur désarme les âmes et les unit en un geste d’une portée universelle. Après tout, « ceux qui s’assemblent pour chanter mettent en commun ce qu’ils ont de meilleur », soutenait l’essayiste Pierre Lasserre.

Le chant choral s’est vraisemblablement organisé de manière spontanée dès la nuit des temps et peut être considéré comme l’une des premières institutions sociales. Déjà, 3000 ans avant notre ère, la musique chorale jouait un rôle important dans les cérémonies religieuses et, chez les Perses, les enfants apprenaient par le chant les exploits des dieux et des hommes illustres. Saint Paul exhortait les fidèles à laisser leurs cœurs s’épancher vers Dieu par des psaumes, des hymnes et ces cantiques et les jeunes voix se sont très tôt greffées à ces démonstrations de foi, comme en témoignent des écrits datant du milieu du VIe siècle. Charlemagne insistera d’ailleurs en 789 sur la nécessité d’enseigner « les notes, le chant, le calcul et la grammaire ».

On entendra ici cinq pièces du XVIe siècle, dont Sicut cervus de Palestrina, chant qui tresse une série de lignes mélodiques en des arabesques délicates et l’intemporel Salve regina de Roland de Lassus.

À l’époque baroque, nul peut-être mieux que le compositeur vénitien Antonio Lotti, organiste et chantre à la basilique Saint-Marc, n’a su maîtriser l’art de traiter les voix de façon aussi naturelle.

Le XIXe siècle reste marquant pour la musique chorale, qui prend progressivement une place de plus en plus importante. Il n’est donc pas surprenant que des compositeurs comme César Franck (et son célèbre Panis angelicus), Camille Saint-Saëns, Johannes Brahms ou Guiseppe Verdi aient consacré certaines de leurs pages les plus inspirées aux chœurs.

Considéré comme l'un des principaux artisans du renouveau de la musique anglaise au XXe siècle, notamment chorale, Ralph Vaughan Williams se révèle un compositeur extrêmement prolifique, qui traduit avec maestria les atmosphères pastorales ou contemplatives. Particulièrement critique par rapport à ses compositions, Maurice Duruflé n’a laissé à l’opposé qu’une trentaine d’œuvres, dont son remarquable Requiem et ces Quatre motets, basés sur des motifs de chant grégorien, qu’il transforme en y juxtaposant des harmonies modales complexes.

Saint Basile parlait du pouvoir du chant « à unir les peuples dans la symphonie d'un seul chœur ». Le geste n’a rien perdu de sa pertinence aujourd’hui, comme en témoignent ce cantique du père Joseph Gélineau ou l’Ave Maria de Javier Busto. Demain comme hier, les grands compositeurs continueront de dédier aux chœurs des œuvres tour à tour intimes, majestueuses, bouleversantes, mais surtout profondément humaines.

Notes pour la pochette du prochain CD des Petits Chanteurs du Mont-Royal,
Pax, à paraître à l'automne.

Repousser ses limites

Vingt-cinq kilomètres de vélo, course à pied, rafting, escalade, six heures de sports extrêmes, cinquante-neuf garçons et filles extrêmement motivés : une équation explosive! Le RAID 2009, tenu le 29 mai dernier, se voulait une occasion exceptionnelle de dépassement pour les finissants du programme Défisport. Avant de donner le signal du départ, Bernard Arsenault, PDG du Marathon de Montréal Oasis a pris le temps d’échanger avec les participants et nous a confié que cette association entre les deux institutions s’était révélé une « véritable histoire d’amour ». « Les jeunes qui sont inscrits ici sont privilégiés, le Collège Sainte-Anne étant reconnu comme une institution avant-gardiste et ce, dans plusieurs domaines, a-t-il avancé. Quand, il y a quelques années, M. Cavenaghi m’a contacté pour impliquer les élèves du Collège à l’intérieur du marathon, c’était une première. Ils ont donné l’exemple et maintenant, plusieurs écoles participent au 5 km du Défi étudiant du Marathon! »

Il a salué la volonté et le courage des élèves : «Les jeunes devront allier l’effort au courage, au surpassement et j’ose espérer qu’ils seront fort satisfaits à la fin d’avoir atteint cet objectif. Ces jeunes sont nos leaders de demain, il faut en être conscient. » Il a également relevé un autre élément essentiel pour mener à terme cette compétition unique : la solidarité : « Notre société reste basée sur la cellule familiale, donc une équipe. Si une équipe veut réussir des choses, elle doit assumer des efforts ensemble; elle aura alors beaucoup plus de chances de réussir. »

Quand la question des études alarmantes décriant l’inactivité physique des jeunes a été abordée, il s’est aussitôt insurgé : « Je crois qu’à un moment, on a eu raison de voir notre jeunesse délaisser l’activité physique. Le Marathon a interrompu ses activités en 1990 parce que la jeune relève n’y était plus. Heureusement, depuis quatre ou cinq ans – et c’est un phénomène mondial –, la jeunesse est revenue. Je crois qu’elle a compris qu’il fallait non seulement s’amuser dans la vie, mais apprendre à se prendre en main. Regardez dans la rue, les jeunes sont de plus en plus présents au niveau du jogging, de la course à pied. Lorsque je regarde ce qui se passe au Collège Sainte-Anne, que je vois 800 jeunes se présenter au Défi étudiant, pour moi, c’est un message donné aux jeunes par les jeunes. Bravo, je les applaudis!»

Article à paraître dans La Clé à l'automne 2009.

jeudi 4 juin 2009

Apéro musical avec Marc Labrèche

Il nous a touchés dans L’Âge des ténèbres, nous a fait délirer avec ses triples rôles de Brett, Brad et Brenda dans Le Cœur a ses raisons, nous surprend toutes les semaines avec ses 3 600 secondes d’extase. Mi-blagueur, mi-tombeur, insaisissable, Marc Labrèche semble toujours là où on ne l’attend pas. Vous pensez l’avoir apprivoisé mais connaissez-vous ses goûts musicaux? Éclectiques, éclatés, exaltés, sans aucun doute. Il les partagera volontiers le 29 septembre, lors de la première d’une toute nouvelle série de concerts, Les Apéros de l’OSM, une façon des plus agréables de terminer la journée de travail. « Je t’attends, chérie… »

Magazine Place des Arts, septembre-octobre 2009

Un orchestre au bout des doigts

Habitué des palmarès et des couvertures de magazines spécialisés depuis l’adolescence, Maxim Vengerov est pourtant bien plus qu’un surdoué du violon qui collectionne honneurs et rendez-vous avec orchestres prestigieux. Malgré un horaire de concertiste surchargé, il n’a pas hésité à devenir ambassadeur de l’Unicef et à offrir des concerts aux réfugiés ou aux enfants soldats. Puis, l’air de rien, il s’est attaqué au fief des baroqueux, maniant archet et instrument d’époque. Il s’est ensuite consacré à l’alto et a enregistré le concerto dédié à l’instrument de Walton avec son mentor, Mstislav Rostropovitch – projet qui lui a d’ailleurs valu un Grammy en 2004. À l’instar de « Slava », l’appel de la baguette s’est fait sentir et, avec détermination, il s’est plongé dans des leçons de technique de direction d’orchestre.

À la suite à une blessure qui l’a récemment immobilisé, il en a profité pour approfondir le grand répertoire symphonique et il retrouvera l’OSM en tant que chef les 20 et 21 octobre, notamment dans la « Pathétique » de Tchaïkovski. « La baguette est un instrument de musique, tout comme le violon ou le piano, mais bien plus complexe, expliquait-il en mars dernier. Je ne dois pas seulement connaître ma partie, mais toute la partition. » Endosser l’habit de soliste, de maestro ou de professeur – Vengerov a mis sur pied une école pour musiciens doués à Migdal, en Israël – n’a au fond que très peu d’importance. Il s’agit de l’assumer avec totale conviction : « Je dois donner 100% de moi-même à l’école et à la direction. Les gens qui me connaissent comprennent qu’une fois que j’ai décidé de m’engager, je le fais au meilleur absolu de mes capacités. » Qu’on se le tienne pour dit…

Magazine Place des Arts, septembre-octobre 2009