lundi 16 novembre 2009

Le CSA : vert et allumé!

À l’heure où la nécessité de poser des gestes environnementaux devient de plus en plus criante, le Collège Sainte-Anne se veut, une fois encore, à l’avant-garde. Membre depuis plusieurs années du mouvement des Établissements Verts Brundtland, l’école souhaite réduire son empreinte écologique en adoptant des mesures concrètes. Cette fois, le CSA amorce un nouveau virage en choisissant de remplacer les néons par des diodes électroluminescentes, mieux connues sous les sigles DEL ou LED.

Si Nick Jlonyak jr a été le premier à avoir créé une diode électroluminescente à spectre visible en 1962, on a dû attendre jusqu’en 1990 pour qu’une percée permette de nouvelles applications au niveau de l’éclairage, des écrans de téléviseurs et des ordinateurs. Même si elle reste relativement jeune, la technologie LED possède de nombreux avantages sur l’éclairage fluorescent, que ce soit au niveau de la résistance mécanique, du rendement énergétique (de 10 à 12 fois plus élevé), de son fonctionnement en très basse tension ou de la durée de vie. Une ampoule LED peut ainsi durer de 50 000 à 100 000 heures, par rapport aux 6 000 à 15 000 heures obtenues par un éclairage au néon, rendement qui force le CSA à changer plus de 600 néons par année. De plus, les LED ne dégagent pratiquement aucune chaleur, atteignent immédiatement leur intensité lumineuse nominale et sont recyclables à 100 %, contrairement aux fluorescents dont le recyclage est sinon dangereux, du moins très délicat, puisqu’ils contiennent du mercure.

Des bienfaits pour l’utilisateur?

De nombreuses études, dont une de l’Irlen Institute, se sont penchées sur les effets nocifs des néons qui, en émettant infrarouges et ultraviolets, peuvent causer maux de têtes, fatigue oculaire, étourdissements, anxiété (dont certains cas d’agoraphobie) ou même certains troubles d’apprentissage dont la dyslexie, la dysgraphie et le trouble du déficit de l’attention. Une étude rigoureuse de la Pacific Gas and Electric menée en 1999 a quant à elle permis d’associer éclairage diurne naturel – dont la technologie LED se rapproche avantageusement – et une hausse remarquable des résultats scolaires : 26 % en lecture et 20 % en mathématiques. « Je pense que ces conclusions auront un impact majeur sur la conception d’écoles dans les prochaines années », avait alors avancé Arthur Rosenfeld, un conseiller du Département énergétique américain. Quelques années auparavant, le psychologue canadien Warren Hathaway avait suivi quant à lui 327 jeunes de 10 à 12 ans qui travaillaient sous des éclairages différents. Il a pu constater des progrès académiques significatifs pour des élèves qui travaillaient sous un éclairage plein spectre. De plus, ils étaient malades moins souvent, grandissaient plus rapidement et avaient moins de caries. Une étude qui s’est déroulée sur une période de plusieurs mois en 1987 à la Green Street Elementary School de Brattleboro au Vermont avait également permis d’établir des corrélations entre ce type d’éclairage et un taux d’absentéisme réduit.

L’éclairage LED promet donc un futur plus lumineux mais surtout plus propre et plus sécuritaire, tout en favorisant des économies énergétiques importantes. Dans un premier temps, les changements viseront la Salle Jeannine-Serres puis un projet-pilote s’amorcera dans le pavillon de première secondaire, grâce à la collaboration de la firme nWatt.


La Clé, décembre 2009

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