Eduard Tubin
Né le 18 juin 1905 à Torila (aujourd’hui
Kallaste), en Estonie
Mort le 17 novembre 1982 à Stockolm
Concerto pour contrebasse et orchestra
Allegro con moto – Allegro non troppo – Andante sostenuto – Cadenza
–
Allegro non troppo, poco marciale
Allegro non troppo, poco marciale
Fils d’un musicien amateur qui jouait de la
trompette et du trombone dans l’orchestre du village, Eduard Tubin découvre
d’abord la flûte par lui-même, puis la balalaïka à l’école primaire, composant
des piécettes dans ses temps libres. Constatant que son intérêt pour la musique
était réel, son père vend un veau au marché et achète un piano. Totalement
investi dans l’apprentissage autodidacte de son nouvel instrument, Eduard
accompagne bientôt les violoneux des environs. Il se consacrera par la suite à
l’apprentissage de l’orgue, de la théorie musicale, de l’harmonie et à la
composition. Après ses études, il dirigera nombre d’opéras, de ballets, de
concerts symphoniques et d’oratorios au Théâtre Vanemuine. Particulièrement
intéressé par le répertoire contemporain, il dirige notamment la Symphonie des Psaumes de Stravinski à Tallin
en 1936, et rencontrera Kodály en 1938 (période pendant laquelle il découvre
aussi les œuvres de Bartók.)
En 1944, afin de fuir une nouvelle occupation
soviétique, Tubin émigre en Suède avec sa femme et ses deux fils. Il devient
archiviste au Théâtre royal de la cour de Drottningholm, poste qu’il occupera
jusqu’à sa retraite en 1972, qui lui laissera toute la latitude pour composer.
On lui doit notamment dix symphonies, deux concertos pour violon et un pour
balalaïka, un concertino pour piano, des sonates pour divers instruments, de la
musique chorale, un requiem, des ballets et plusieurs pièces pour piano, dont
la plus célèbre reste sa Deuxième Sonate, « Lumières du nord ».
Complété le 31 mai 1948, son Concerto pour
contrebasse et orchestre a été créé à Bogota le 8 mars 1957. Des rythmes
jazz sont entendus dans l’Allegro con
moto. La pulsation se calme dans l’Allegro
non troppo, plus lyrique, dans lequel le soliste présente un thème qui
deviendra ultérieurement motif d’accompagnement. Une mélodie ample, soutenue
par un tissu harmonique d’une grande richesse caractérise l’Andante sostenuto. Particulièrement
dramatique, la Cadenza permet au
soliste de développer un certain nombre de cellules harmoniques et rythmiques
issus des mouvements précédents, avant que le finale nous mène vers une coda
puissante et majestueuse.
Ali Yazdanfar, qui interprète le Concerto pour la
première fois avec orchestre (il l’a donné précédemment en récital avec
accompagnement de piano), se fait une joie de dialoguer avec ses collègues de
l’OSM. « Peu de concertos pour contrebasse existent et le Concerto de Tubin
reste le meilleur que nous ayons selon moi. Nous connaissons peu la musique du
compositeur, non pas parce qu’elle n’est pas intéressante, mais parce qu’elle
est restée un peu en marge de celle de l’ex-URSS. J’aime l’énergie de la
littérature, de la musique, des arts, après les guerres, quand tout change, que
tout se renouvelle, cette période chargée d’émotion pendant laquelle le monde
se regarde, se pose beaucoup de questions. »
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