« Marie-Nicole Lemieux, c'est une voix et un cœur. » (Christophe Rizoud, Forum Opera)
Quelques notes issues du contralto moelleux de Marie-Nicole Lemieux suffisent pour tomber sous le charme. Timbre unique, sens inné de la ligne musicale, apprivoisement des textes de l’intérieur, charisme étonnant, aisance apparente dans tous les répertoires, présence scénique remarquable, la chanteuse semble posséder tous les atouts.
La carrière de celle qui se produit maintenant sur les grandes scènes du monde entier devait prendre son envol en 2000, alors qu’elle remporte, presque coup sur coup, le Concours Joseph-Rouleau et le Concours musical international Reine Élisabeth de Belgique. Premiers jalons d’un parcours qui deviendrait rapidement stellaire. Nous la retrouvons ici dans des pages de Scarlatti, Handel, Vivaldi, compositeurs auxquels on l’a souvent associée, mais aussi dans des lieder intimes, parfois déchirants, de Brahms.
La soixantaine de cantates de Handel démontrent avec brio son extraordinaire
créativité. De longs mélismes soulignent les mots-clés, ornements et
chromatisme vocal révélant les couleurs dramatiques, presque opératiques, de
ces œuvres.
Le Stabat
Mater de
Vivaldi plonge
l’auditeur dans un univers sombre, à des lieux de celui de ses éblouissants
concertos. Il devient chant prenant entre prière et pleurs, douleur et
acceptation, dans lequel la voix plane au-dessus des thèmes à la fois
déchirants et magnifiques des cordes.
Selon la légende, le Salve Regina de Scarlatti aurait été dicté
par le compositeur sur son lit de mort. Le traitement musical délicatement
expressif de cette imploration se lit comme un adieu à la vie, mais aussi à la
reine Maria Barbara qu'il avait servie pendant de longues années.
Au fil des décennies, Brahms
reviendra inlassablement à l’écriture de
lieder. Geste plus concerté d’épanchement émotionnel pour ce solitaire,
jardin secret à cultiver (il appelait d’ailleurs ses recueils des « bouquets
de chants »)? Il évoquera tour à tour la morsure de l’amour non partagé,
la solitude, la finitude de l’existence ou l’apaisement que lui procure la
nature.
Compilation Analekta
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