Au fil des ans, plusieurs pages, qu’elles
soient populaires ou classiques, sont devenus des incontournables du temps des
Fêtes, dont Adeste fideles, l’Ave
Maria de Gounod (d’après le premier prélude du Clavier bien tempéré de Bach), le Panis angelicus de Franck ou Have yourself a merry little Christmas. Minuit, chrétiens, peut-être l’air
le plus associé à la traditionnelle messe de minuit au Québec, devait connaître
un succès instantané dès sa création en 1847.
Créé le 13 avril 1742 à Dublin sous les vivats, Le Messie de Handel est
lui aussi devenu un classique des fêtes. « C’est un monument de la civilisation
occidentale qui, au cours des deux siècles et demi depuis sa création, a acquis
le statut de mythe », avance sans ambages l’historien et critique britannique
Nicholas Kenyon. L’air entendu ici multiplie
arpèges et passages rapides en un véritable feu d’artifice qui traduit la joie
des croyants.
Les Vêpres solennelles du confesseur
ont été complétées alors que Mozart
travaillait pour l’archevêque Colloredo, personnage hautain et peu aimé, néanmoins
passionné de musique. Dans le « Laudate
Dominum », d’une beauté à couper le souffle, Mozart privilégie une
écriture plus opératique, mais toute en demi-teintes, qui transmet le message
de bonté sous-entendue par le texte.
Le 19 février 1736, le public du King’s Theatre de
Londres a été témoin d’un concert exceptionnel, qui mettait en lumière quatre
œuvres de Handel, dont son Ode for St. Cecilia’s Day, Alexander’s
Feast, un concerto pour orgue et un pour harpe, entendu ce soir. L’œuvre,
qui laisse toute la latitude nécessaire à la harpe pour briller, suit les
grandes lignes de ce qui deviendrait la norme côté concerto, trois mouvements
articulés selon le schéma vif – lent – vif.
La Marche des rois mages pourrait être qualifiée d’« œuvre collective » étalée sur deux
siècles. Jean-Baptiste Lully a d’abord composé sa Marche militaire de Turenne en l’honneur d’un général du même nom
au 17e siècle. En 1872, Alphonse Daudet mettait des paroles sur cet
air, réorchestré par Georges Bizet dans sa farandole
de L’Arlésienne, qui narre l’histoire de ces deux jeunes paysans
provençaux, Frédéri, amoureux fou d’une femme fatale (l’Arlésienne du titre) et
son frère un peu simple d’esprit.
On a pendant un certain temps attribué la
paternité de la Symphonie des jouets à Haydn, avant de découvrir un manuscrit
copié par Leopold Mozart et un
autre, signé « père Edmund Angerer », considéré maintenant le vrai auteur de la
pièce. Peu importe au fond qui l’a écrite, elle continue d’intriguer les
auditeurs, le compositeur juxtaposant à des instruments courants des
accessoires plutôt inusités, dont un appeau imitant le chant du coucou, un appeau rossignol
et une crécelle.
Particulièrement
polyvalent, Ralph Vaughan Williams occupe
une place unique au panthéon de la musique britannique et la découverte des
airs folkloriques britannique devait jouer un rôle essentiel dans le
développement de son œuvre. La Fantasia on Greensleeves propose une
orchestration de la célèbre mélodie populaire (datant au moins de 1575), que
Vaughan Williams intègrera en 1929 dans son opéra Sir John in Love.
Mélodiste exceptionnel et orchestrateur
brillant, Piotr Ilitch Tchaïkovski demeure
l’un des plus remarquables compositeurs de ballet. Créé
le 18 décembre 1892 au théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg – résidence de la
déjà renommée troupe du Kirov –, Casse-noisette
a laissé la critique fort mitigée, mais sa popularité s’est révélée immédiate, tout
comme celle du Beau Danube bleu, la plus connue des valses de Johann Strauss II qui, lors de sa
première à l’Exposition universelle de 1867 de Paris, avait du être rejouée pas
moins de 20 fois! Chaque année, la valse clôt le concert du nouvel an qui se
tient à Vienne, tradition que l’OSM a choisi d’adapter ici.
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