lundi 31 décembre 2012

Concert BMO



Au fil des ans, plusieurs pages, qu’elles soient populaires ou classiques, sont devenus des incontournables du temps des Fêtes, dont Adeste fideles, l’Ave Maria de Gounod (d’après le premier prélude du Clavier bien tempéré de Bach), le Panis angelicus de Franck ou Have yourself a merry little Christmas. Minuit, chrétiens, peut-être l’air le plus associé à la traditionnelle messe de minuit au Québec, devait connaître un succès instantané dès sa création en 1847.
Créé le 13 avril 1742 à Dublin sous les vivats, Le Messie de Handel est lui aussi devenu un classique des fêtes. « C’est un monument de la civilisation occidentale qui, au cours des deux siècles et demi depuis sa création, a acquis le statut de mythe », avance sans ambages l’historien et critique britannique Nicholas Kenyon. L’air entendu ici multiplie arpèges et passages rapides en un véritable feu d’artifice qui traduit la joie des croyants.
Les Vêpres solennelles du confesseur ont été complétées alors que Mozart travaillait pour l’archevêque Colloredo, personnage hautain et peu aimé, néanmoins passionné de musique. Dans le « Laudate Dominum », d’une beauté à couper le souffle, Mozart privilégie une écriture plus opératique, mais toute en demi-teintes, qui transmet le message de bonté sous-entendue par le texte.
Le 19 février 1736, le public du King’s Theatre de Londres a été témoin d’un concert exceptionnel, qui mettait en lumière quatre œuvres de Handel, dont son Ode for St. Cecilia’s Day, Alexander’s Feast, un concerto pour orgue et un pour harpe, entendu ce soir. L’œuvre, qui laisse toute la latitude nécessaire à la harpe pour briller, suit les grandes lignes de ce qui deviendrait la norme côté concerto, trois mouvements articulés selon le schéma vif – lent – vif.  
La Marche des rois mages pourrait être qualifiée d’« œuvre collective » étalée sur deux siècles. Jean-Baptiste Lully a d’abord composé sa Marche militaire de Turenne en l’honneur d’un général du même nom au 17e siècle. En 1872, Alphonse Daudet mettait des paroles sur cet air, réorchestré par Georges Bizet dans sa farandole de L’Arlésienne, qui narre l’histoire de ces deux jeunes paysans provençaux, Frédéri, amoureux fou d’une femme fatale (l’Arlésienne du titre) et son frère un peu simple d’esprit.
On a pendant un certain temps attribué la paternité de la Symphonie des jouets à Haydn, avant de découvrir un manuscrit copié par Leopold Mozart et un autre, signé « père Edmund Angerer », considéré maintenant le vrai auteur de la pièce. Peu importe au fond qui l’a écrite, elle continue d’intriguer les auditeurs, le compositeur juxtaposant à des instruments courants des accessoires plutôt inusités, dont un appeau imitant le chant du coucou, un appeau rossignol et une crécelle.
Particulièrement polyvalent, Ralph Vaughan Williams occupe une place unique au panthéon de la musique britannique et la découverte des airs folkloriques britannique devait jouer un rôle essentiel dans le développement de son œuvre. La Fantasia on Greensleeves propose une orchestration de la célèbre mélodie populaire (datant au moins de 1575), que Vaughan Williams intègrera en 1929 dans son opéra Sir John in Love.
Mélodiste exceptionnel et orchestrateur brillant, Piotr Ilitch Tchaïkovski demeure l’un des plus remarquables compositeurs de ballet. Créé le 18 décembre 1892 au théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg – résidence de la déjà renommée troupe du Kirov –, Casse-noisette a laissé la critique fort mitigée, mais sa popularité s’est révélée immédiate, tout comme celle du Beau Danube bleu, la plus connue des valses de Johann Strauss II qui, lors de sa première à l’Exposition universelle de 1867 de Paris, avait du être rejouée pas moins de 20 fois! Chaque année, la valse clôt le concert du nouvel an qui se tient à Vienne, tradition que l’OSM a choisi d’adapter ici.

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