Il vient tout juste de
lancer coup sur coup un deuxième tome des aventures du désopilant Walter et la
conclusion de son étonnante trilogie du Sanctuaire
des Braves, quête unique de son héros Amos Daragon, qui doit combattre la
dépression et aller jusqu’aux enfers pour retrouver un sens à sa vie. Le
prolifique auteur aurait pu se reposer sur ses lauriers, mais ce serait bien
mal connaître celui qui n’a aucune intention de s’arrêter et n’aime rien autant
que relever de nouveaux défis. « Je ne peux pas prendre une retraite de ma
propre vie! », s’emballe Bryan Perro en entrevue.
Aujourd’hui, à
l’invitation de Kent Nagano et de l’OSM, il devient conteur et partagera des souvenirs
de son grand-père et racontera une histoire de jalousie entre deux villages,
l’un de bûcherons (St-Jean-des-Piles), l’autre de draveurs (Grandes-Piles). Au milieu de cette rivalité, à la
même heure, naissent une fillette qui raconte des histoires et crache de l’or, ainsi
qu’un petit garçon qui chante et crache de l’argent qui, bien sûr, finiront un
jour par se rencontrer. « Je parle de ma région, la Mauricie. J’ai intégré
plusieurs éléments du conte traditionnel québécois, pour transformer le tout en
hybride entre récit et légende fantastique. »
La musique, tant classique que traditionnelle, joue ici un rôle
essentiel : « Elle bonifie le conte, qui prend un tout autre sens. Elle
amplifie les émotions du texte. » On y
entendra par exemple la Symphonie des
jouets, une œuvre dont a pendant un certain temps attribué la paternité à
Joseph Haydn, puis à son frère Michael, avant
de découvrir un manuscrit copié par Leopold Mozart (père du célèbre
compositeur) et un autre, signé « père Edmund Angerer », considéré maintenant
le vrai auteur de la pièce. On se croirait presque dans une histoire inventée,
tant celle-ci regorge de rebondissements. Une chose est certaine : elle
continue d’intriguer les auditeurs, le compositeur juxtaposant à des
instruments courants des accessoires plutôt inusités, dont un appeau imitant le chant du coucou,
un appeau rossignol et une crécelle. Elle sera jouée ici par des enfants, dont
certains sont des protégés de la Fondation du Dr Julien.
Ceux qui connaissent bien le Fantasia
de Walt Disney y reconnaîtront également
des extraits de L’Apprenti sorcier de
Paul Dukas qui, depuis sa création en 1897, connaît un succès jamais démenti. D’autres
y retrouveront un clin d’œil au populaire téléroman Les belles histoires des pays d’en haut (présenté par Radio-Canada
entre 1956 et 1970). Ce que plusieurs croient une œuvre composée spécialement
pour le générique d’ouverture est en fait signée par le compositeur russe
Alexandre Glazounov, « L’automne », tiré de son ballet Les Saisons.
Une soirée à laquelle s’invite le diable lui-même, personnifié par Denis
Bouchard, qui signe également la mise en scène du spectacle, ne saurait
évidemment se révéler complète sans que l’on entende la Danse macabre de Camille Saint-Saëns, qui met en lumière le
xylophone pour la première fois de l’histoire de la musique symphonique. Lors
de sa première, l’œuvre avait été jugée trop avant-gardiste, mais depuis, elle
est devenue l’une des plus célèbres pages du répertoire symphonique.
Une soirée traditionnelle québécoise du temps des fêtes ne sauraient être
complète sans des enfants qui sèment la joie sur leur passage, un gigueur (Benoît
Bourque), des podorythmistes (Alain Lamontagne, également harmoniciste et
Michel Bordeleau, également violoniste), de jeunes danseurs qui les
soutiendront dans le Reel
de Pointe-au-Pic et pourquoi pas un lamiste (Simon Gauthier à la scie
musicale). On serait tenté ici de détourner les premières phrases du conte de
Bryan Perro : « Des cadeaux à Noël, on
en donne et on en reçoit. C’est comme ça… ça fait partie de notre tradition.
Bien sûr, il y a des cadeaux plus spéciaux que d’autres. » Comme
les instants que vous vivrez sous peu…
OSM, 14 et 15 décembre 2012
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