jeudi 4 décembre 2008

Paris, La Belle Époque. Yo-Yo Ma, violoncelle et Kathryn Stott, piano

Après un voyage sur la route de la soie, Yo-Yo Ma part à la redécouverte de sa première enfance et nous offre, en compagnie de la pianiste anglaise Kathryn Stott (collaboratrice régulière du violoncelliste, qu'on avait pu entendre, entre autres, sur l'enregistrement « The soul of the tango »), un programme consacré au répertoire français du tournant du XXe siècle. Les quatre œuvres présentées sont en fait des transcriptions pour violoncelle (trois des quatre réalisées par Yo-Yo Ma lui-même) d'un répertoire qu'on associe spontanément au violon (même si la Sonate de Franck est régulièrement jouée dans ces deux registres complémentaires). La Méditation de Thaïs, souvent malmenée par les violonistes amateurs, prend ici une profondeur et une richesse de timbre qui lui convient tout particulièrement. Deux œuvres phare de l'époque, la Première Sonate de Fauré et celle de Franck constituent le corps du récital. Yo-Yo Ma, égal à lui-même, donne une interprétation techniquement impeccable, au timbre rond et à la musicalité par moments exacerbée. La complicité entre le violoncelliste et la pianiste est généralement irréprochable (particulièrement dans le Fauré), même si le piano prend à l'occasion un peu trop le dessus (mais peut-être est-ce dû à des problèmes de sonorisation). Les notes de programme de Phillip Huscher dressent plus le portrait de cette « Belle Époque » (mais aussi des tout débuts de Yo-Yo Ma) que des œuvres elles-mêmes. Une charmante dédicace à la tendre moitié de Yo-Yo Ma complète le livret.

La Scena musicale, juillet-août 2002

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