Marc-André Hamelin aborde cette fois la musique du compositeur brésilien Villa-Lobos, auteur d'environ 200 opus pour piano. Sur ce disque, le pianiste aux doigts plus vifs que l'éclair (la vitesse de son Polichinelle s'avère totalement vertigineuse) mêle rudesse et poésie. Le Rudepoêma, ¦uvre maîtresse de Villa-Lobos, une des plus difficiles jamais écrites malgré son pianisme inhérent, reçoit ici un traitement fouillé qui permet à l'auditeur de saisir les influences primitives (qui rappellent par moment Le Sacre du printemps) et les caractéristiques polytonales qu'affectionne le compositeur.
Pourtant, ce sont dans les miniatures des Trois Maries et des deux suites de La famille du bébé, en contraste total avec le côté sauvage du Rudepoêma, que Marc-André Hamelin démontre le mieux le raffinement de son jeu. Un peu comme le Schumann des Kinderszenen, Villa-Lobos pose un regard adulte mais ému sur le monde de l'enfance, en brossant des tableaux saisissants. Hamelin, qu'on associe souvent aux ¦uvres de longue haleine, excelle dans ces miniatures qui scintillent sous ses doigts habiles. Le pianiste démontre une fois de plus une maturité et une musicalité exceptionnelles. Les notes de programme de Robert Matthew-Walker (en anglais, en français et en allemand), très appronfondies, analysent avec justesse le répertoire abordé.La Scena musicale, novembre 2000
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