vendredi 29 août 2008

5 à 8: Julie Payette

Aaron Copland

Symphonie no 3, Molto deliberato – Allegro risoluto (4e movement), extraits

Pianiste, compositeur, chef d’orchestre, pédagogue, Aaron Copland a dominé la vie musicale américaine de la plus grande partie du XXe siècle et est considéré comme le doyen de la musique américaine. Sa plus grande force a été de réussir à unifier la grande tradition musicale européenne et l’authentique musique américaine, jazz ou folklorique. Ses œuvres reflètent plusieurs des mythes de la culture américaine, tant son ballet Appalachian Spring que Billy the Kid, Rodeo, Lincoln Portrait ou les trames sonores des films Des souris et des hommes et L’Héritière (qui lui valut un Oscar en 1948).

Même si elle n’utilise pas de matériel folklorique, d’hymnes ou d’airs patriotiques, la Troisième Symphonie reste indubitablement américaine, tant par sa vitalité que la chaleur de ses thèmes. Dans le dernier mouvement, Copland nous laisse entendre le thème de sa Fanfare for the Common Man, effort de guerre datant de 1942, l’une de ses œuvres les plus connues. Tout le finale sera basé sur ce thème, peut-être l’un des plus envoûtants et les plus exultants du répertoire.

Wolfgang Amadeus Mozart

Symphonie no 35 en ré majeur, K. 385, « Haffner », Allegro con spirito et Finale : presto (1er et 4e mouvements)

En juillet 1782, l’opéra L’enlèvement au sérail de Mozart est créé au Burghteater de Vienne et connaît un énorme succès. Surchargé de contrats, le compositeur accepte néanmoins de composer une symphonie pour souligner l’anoblissement du bourgmestre de Salzbourg, Siegmund Haffner. « Je l’écrirai la nuit, sinon je n’en sortirai pas », explique-t-il à son père dans une lettre. Il achève sa commande entre le 27 juillet et le 3 août, quelques jours à peine après son mariage.

« Le premier Allegro doit être joué avec beaucoup de feu, le dernier aussi vite que possible », explique Mozart à son père le 7 août. Un seul thème traverse le premier mouvement, vif et agité. Il sera repris en imitations et transformé au fil des reprises. Le finale se veut lui aussi fougueux et évoque l’ambiance survoltée de l’ouverture du Mariage de Figaro. Avec ses changements brusques de nuances, ses silences saisissants et ses modulations, le mouvement a tout pour nous surprendre.

Johannes Brahms

Symphonie no 1, en do mineur, opus 68, Poco sostenuto. Allegro (1er mouvement)

Brahms est initié au piano très tôt par son père, corniste et contrebassiste dans l’orchestre municipal. Alors qu’il n’a que quatorze ans, son professeur Eduard Marxsen lui apprend la mort de Mendelssohn et affirme devant témoins que Brahms le remplacera. Pourtant,

Brahms abordera le genre symphonique très tard en carrière, travaillant à sa Première Symphonie pendant 14 ans et l’ayant auparavant porté en lui pendant deux décennies. Brahms la termine enfin à l’automne 1876 et la présente dans une série de concerts à Karlsruhe, Mannheim, Munich et Vienne. L’ample premier mouvement se veut impatient, turbulent, orageux, presque défiant.

Georg Frideric Handel

Water Music, suite no 3, « Menuet »

Écrit pour accompagner une fête somptueuse sur la Tamise le 17 juillet 1717, Water Music est composée de trois suites. Si la première et la troisième suites se veulent musiques de plein air, la troisième, « pour flûte », est composée de pages plus intimes. Elle aurait été vraisemblablement donnée pendant le dîner du roi. Délicat et fluide, le deuxième « Menuet » est empreint d’une belle poésie. La soliste en sera aujourd’hui notre invitée Julie Payette.

Sergueï Prokofiev

Roméo et Juliette, suite, « Montaigus et Capulets »

Considérée comme l’une des œuvres les plus réussies de Prokofiev, Roméo et Juliette reste un exemple éclatant de l’aptitude magistrale de Prokofiev à combiner instinct scénique et puissance rythmique. De nombreux leitmotive assurent l’unité de l’œuvre. Ces thèmes conducteurs accompagnent les personnages et narrent avec minutie l’histoire. Le thème de Juliette, en se transformant au fil des scènes, nous rappelle que la petite fille se métamorphose devant nous en jeune femme amoureuse pour la première fois. Les grands écarts et les rythmes implacables décrivent avec maestria la haine féroce qui anime Montaigus et Capulets. « Montaigus et Capulets », avec ses lourds rythmes pointés, est peut-être l’extrait le plus connu du ballet. Le deuxième thème, présenté aux cuivres, se veut un portrait de Tybalt.

(OSM, mai 2008)

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