Symphonie concertante pour hautbois, clarinette, basson, cor et orchestre, en mi bémol majeur, K. 297
En mars 1778, Mozart et sa mère débarquent à Paris. Celui qui, quinze ans auparavant, avait été porté aux nues n’est plus qu’un musicien parmi tant d’autres. Cette indifférence, Mozart la ressent cruellement. « Les gens font force compliments, il est vrai, mais tout s’arrête là, écrit-il à son père. Ils me font inviter pour tel ou tel jour. Je joue et je les entends s’écrier : “Ah! C’est un prodige, c’est inconcevable, c’est étonnant!” et puis, ensuite, adieu! […] Pour ce qui est de la musique, je ne suis entouré que de bêtes et de brutes. » Des projets d’opéras n’aboutissent pas. Jean Le Gros, directeur du célèbre Concert Spirituel, lui commande une symphonie concertante pour flûte, hautbois, basson et cor. Mozart, ravi de travailler, la complète, probablement entre le 5 et le 20 avril. Une fois la partition remise à Le Gros, celle-ci disparaît et elle devient impossible à retracer. Mozart soupçonne que Giuseppe Cambini en est responsable mais n’a aucune preuve. (Nombre de symphonies concertantes du compositeur italien, très populaire à l’époque, avaient été jouées par la société de concerts parisienne.) Désabusé, Mozart laisse la partition derrière lui, convaincu de pouvoir reconstituer l’œuvre de mémoire éventuellement. La seule copie connue de l’ouvre remplace la flûte (instrument mal-aimé de Mozart) par le hautbois, tandis que la partie d’abord écrite pour le hautbois est dévolue à la clarinette.
Plutôt que d’opposer les instruments solistes (dont la combinaison est relativement inhabituelle) dans sa Symphonie concertante, Mozart privilégie plutôt des les unir. Leur dialogue, d’une grande souplesse, est soutenu par un orchestre au rôle élargi, dans une esthétique qui s’éloigne progressivement du style galant.
(OSM, 2008)
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