Il était une fois, dans un royaume lointain, un roi et une reine qui n’avaient cessé de souhaiter la venue d’un enfant. Quand, enfin, une jolie princesse vit le jour, un banquet fastueux fut organisé pour souligner l’événement. Rois et princes se pressèrent à la fête pour offrir à la princesse Violina jouets fabuleux, animaux de compagnie exotiques, livres rares.
Sa marraine, la fée Euterpe, fut parmi les premières convives à se présenter. De sa baguette magique, elle toucha la peau derrière l’oreille de la fillette et y laissa une étrange marque en forme de violon. Elle lui remit aussi deux cadeaux : un archet en or, incrusté de pierres précieuses, aux crins en cheveux d’anges et un tableau magique. Quand on le contemplait suffisamment longtemps, les jeunes femmes qui le composaient se mettaient à jouer de douces mélodies propices aux songes.
Violina grandissait en beauté et en sagesse. Elle aimait les histoires fantaisistes, soigner les animaux de sa ménagerie mais, par-dessus tout, elle aimait voir le tableau magique s’animer. Elle s’émerveillait des nouvelles musiques, qu’elles viennent d’Espagne, d’Italie, de France, d’Estonie, d’Orient, des États-Unis, du Québec, lieux qu’elle aimait identifier sur sa carte du monde. Elle apprit à prononcer sans hésitation Chopin, de Falla, Dompierre, Hisaishi, Morricone, Ouellet, Pärt, Rodrigo, Vivaldi, Williams.
Aujourd’hui comme hier, les contes de fées (ou contes merveilleux) continuent de hanter les imaginaires. Puisant leurs origines dans les mythes universels, ils se sont d’abord transmis de bouche à oreille. Charles Perrault le premier transforme ces histoires séculaires en genre littéraire à part entière. Les frères Grimm, Lewis Caroll, Hans Christian Andersen et plusieurs autres donneront au genre ses lettres de noblesse.
Les compositeurs se sont, eux aussi, appropriés l’univers merveilleux des contes.
S’inspirant de sonnets, de bribes d’histoires, de sensations éprouvées, Antonio Vivaldi reste un maître de la peinture d’atmosphères. La musique peut tout transmettre : soubresauts de la nature, sommeil d’un berger, rencontre entre deux personnages, naissance du sentiment amoureux. Quelques siècles plus tard, Manuel de Falla et Joaquin Rodrigo puiseront dans le terreau fertile du folklore espagnol pour en extraire images attachantes aussi bien que passions démesurées.
Plus près de nous, les compositeurs de musique de film ont tout particulièrement développé cet univers féerique où quête, revirements multiples et victoire sur soi sont autant d’éléments porteurs. Le compositeur japonais Joe Hisaishi y a plongé à plusieurs reprises, notamment dans Princesse Mononoke, Kikujiro et Fragile Dream, composé pour Angèle Dubeau et La Piétà. Mentionnons ici que Mme Dubeau est la seule musicienne non-japonaise à être autorisée à jouer les œuvres de M. Hisaishi, tant sur scène que sur disque. Nino Rota, Ennio Morricone et John Williams, des géants du genre, ont signé nombre de trames sonores inoubliables, qui prolongent l’univers des films au-delà de l’image. Au Québec, François Dompierre, en maître coloriste, a notamment composé celle de L’Odyssée d’Alice Tremblay (et son extrait « A Fairy Tale »). Il nous offre aussi un tableau envoûtant, Les beautés du Diable, écrit tout spécialement pour
Tout en sérénité,
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