mercredi 27 août 2008

Le chef d’orchestre à travers les siècles

À l'image des chefs qui la pratiquent partout dans le monde aujourd'hui, la direction d'orchestre a revêtu plus d'un visage à travers les siècles. De simple soutien rythmique, son rôle a évolué vers un art de l’interprétation qui permet au chef de « jouer de l'orchestre » comme un musicien joue de son instrument.

Déjà, dans la Grèce antique, le rythme des pièces instrumentales et vocales était marqué en tapant le sol avec le pied droit, sous lequel on attachait un morceau de métal. Au début du Moyen-Âge, alors que la portée n'existait pas encore, les chefs de chœur utilisaient leurs mains pour indiquer aux chanteurs que les notes montaient ou descendaient. Avec l'avènement de la polyphonie, les œuvres deviennent plus complexes rythmiquement. Le chef tient alors dans sa main gauche un court bâton (généralement en ébène) pour l'aider à maintenir une pulsation régulière.

Un instrumentiste aux fonctions multiples

À l'époque baroque, les ensembles instrumentaux comptant généralement peu de musiciens, le compositeur tenait également le rôle de directeur de la musique, il organisait les répétitions et jouait la partie de basse continue au clavecin. C'était ainsi à l’époque de Vivaldi, Bach, Handel et même du jeune Haydn.

Au cours du XVIIIe siècle, le « pouvoir » est passé progressivement aux mains du violoniste, l'écriture, de plus en plus virtuose, pour les cordes justifiant ce déplacement. Quand il ne s'en servait pas pour jouer, le premier violon battait la mesure avec son archet, donnait les départs d'un mouvement du corps et pouvait toujours avoir recours à son instrument pour rattraper la situation en cas de dérapage mélodique ou rythmique.

La naissance du chef d'orchestre

La prochaine phase de l'évolution du chef d'orchestre s'est amorcée avec Beethoven. L'écriture symphonique se complexifiant, les compositeurs exigent dorénavant des nuances inattendues (forte suivi de piano ou crescendo menant à une nuance piano). L'archet du premier violon ne suffit plus à assurer la cohésion de l'orchestre. On adopte plutôt baguette, tenue par le chef d’orchestre. Le chef se place devant les musiciens pour les diriger. Certains compositeurs, Weber, Berlioz, Mendelssohn, Liszt et Wagner, en particulier, démontrent leur grande maîtrise de la direction d'orchestre.

Après 1850, l'apparition chef-interprète (qui n'est plus le compositeur) donne un nouveau visage au monde de la direction d'orchestre. Les aspirants chefs d'orchestre doivent d'abord apprendre à jouer d’un instrument et reçoivent une solide formation théorique. Ils entrent ensuite dans un orchestre (comme répétiteurs, s'ils sont pianistes) et peuvent ainsi observer le travail du chef. Si ce dernier a besoin d'un assistant lors d'une répétition (par exemple, s'il veut entendre l'effet obtenu de la salle), il ne reste plus au répétiteur qu'à saisir sa chance en vue de se hisser éventuellement au sommet du podium.

Les personnalités des chefs influencent leur façon de diriger. Si certains, comme Arthur Nikisch et Richard Strauss, sont réputés pour leur approche discrète, d'autres, comme Leopold Stokowski et Leonard Bernstein, adoptent un style plus flamboyant.

Le chef d'aujourd'hui

En ce début de XXIe siècle, les chefs sont d'abord reconnus pour leur perfection technique. Cette qualité, surtout en raison des heures de répétition limitées et des percées importantes de la radio et du disque, devient d'une importance capitale. Pour y parvenir et accéder au statut de « super-maestro » et être reconnu sur la scène internationale, il faudra compter d'innombrables heures de pratique, l'art de la direction restant beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît à prime abord.

Au XVIe siècle, le mot généralement utilisé pour faire référence au temps en musique était tactus. Il vient du verbe latin tangere, qui signifie non seulement « toucher » (le mot tactile découle de la même étymologie) mais aussi « frapper ». Cette notion de « frapper » a été reprise quand le mot tactus a été traduit dans d’autres langues. En français, on parlera de « battre la mesure » ou de « battue »; en anglais on dira « to beat time » et en italien « battere il tempo ».


Il y a des morceaux de musique dont chaque mesure est divisée en deux temps. On doit battre la mesure comme ceci :

1er temps en bas

2e temps en haut

D’autres morceaux sont à trois temps comme la valse par exemple :

1er temps en bas

2e temps vers la droite

3e temps en haut

Si les morceaux sont à quatre temps :

1er temps en bas

2e temps vers la gauche

3e temps vers la droite

4e temps en haut

Suggestion DVD

Leonard Bernstein conducts Mozart Clarinet Concerto and Symphony No. 25,

Wiener Philarmoniker, Étiquette UNITEL

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