Les frissons parcourront Alain Lefèvre, les musiciens de l’OSM mais aussi la veuve d’André Mathieu lorsque s’élèveront pour la toute première fois devant public les thèmes envoûtants de la Rapsodie romantique. « Ce sera un succès public émouvant. Écrite comme un long souffle, la Rapsodie deviendra, je pense, un nouveau Deuxième Concerto de Rachmaninov », affirme le pianiste.
La vie d’André Mathieu (1929-1968) tient du roman. Enfance de petit prodige passée entre l’éclat des scènes et la douleur des sévices subits aux mains de son père, adolescence solitaire même au milieu de l’effervescence du Paris des années 1940, le quotidien de celui qu’on avait surnommé le « Mozart canadien » n’a pas été idyllique. Quelques années plus tard, ostracisé par les milieux musical et politique, il réussit pourtant à transcender la douleur à travers la musique, éternelle consolatrice. Ultime témoignage d’amour à son épouse Marie-Ange, cette œuvre majeure a été écrite pendant la dernière décennie de sa vie dans le plus grand secret. En avril, cette lettre d’amour de l’Au-delà rejoindra enfin, près de 40 ans plus tard, l’imaginaire de son amoureuse et celui des mélomanes.
Orchestre symphonique de Montréal, les 4 et 5 avril (supplémentaire). Les concerts feront également l’objet d’un disque. Informations : (514) 842-9951 ou www.osm.ca.
Magazine Place des Arts, mars-avril 2006
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire