mercredi 27 août 2008

La diaspora juive

La diaspora juive (en hébreu Tefutzah, « dispersé » ou Galout, « exil ») désigne la dispersion du peuple juif. Déjà, au IIe siècle av. J.-C., divers auteurs mentionnent la dispersion des Juifs dans le monde connu mais ces textes donnent très peu d’informations à propos du nombre précis de ces communautés juives existantes. En 588 av. J.-C., le peuple juif habitait principalement Babylone et la Terre d’Israël. La population juive aurait été ensuite la plus dense en Syrie, particulièrement à Antioche et Damas. Philon d’Alexandrie avance le chiffre de 1 000 000 de Juifs habitant en Égypte (un huitième de la population), principalement à Alexandrie autour de l’an 0. À Rome, au commencement du règne d’Auguste, en -27, on comptait plus de 8 000 Juifs et les impôts perçus en 62 laissent croire qu’au moins 180 000 Juifs vivaient en Asie mineure.

Après la prise de Jérusalem et la destruction du Temple lors de la révolte de 66-70, la Judée est devenue une province séparée de l’Empire romain. Le gouvernement a tenté de prévenir la reconstruction de la nation juive en colonisant de nombreuses provinces grecques et romaines en Judée mais, quarante ans plus tard, les Juifs ont recouvré leur liberté.

La destruction de la Judée en 74 devait exercer un rôle décisif sur la dispersion du peuple juif à travers le monde, certains Juifs étant vendus comme esclaves, d’autres joignant les diasporas existantes.

Au Moyen Âge, les Juifs se divisèrent en deux groupes distincts : les Ashkénazes (Nord et Est de l’Europe) et les Séfarades (péninsule ibérique et bassin méditerranéen). Vers 1880, les Juifs ashkénazes représentaient 75% de la population juive mondiale et 10% de la population polonaise avant la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs acteurs importants de la révolution intellectuelle, scientifique et industrielle qui s’est tenue de la fin du XVIIIe jusqu’au XXe siècle, sont d’origine juive. Mentionnons parmi ceux-ci Moïse Mendelssohn, Karl Marx, Sigmund Freud, Franz Kafka, Stefan Zweig, Albert Einstein et Leon Trostsky.

L’holocauste (la Shoah) a détruit une forte proportion des communautés ashkénazes est-européennes, dont 92% des Juifs polonais.

Quelques liens

Histoire des Juifs : http://www.histoiredesjuifs.com/categories.aspx?category=6

La diaspora juive : http://www.cosmovisions.com/ChronoDiaspora.htm

L’importance de la musique dans la tradition juive


Comme en témoignent les textes de l’Ancien Testament, la musique instrumentale accompagnait les rites religieux. On croyait que la musique avait des pouvoirs magiques, qui facilitaient notamment l’extase religieuse et pouvaient faire des miracles au niveau psychologique. L’interprétation de la musique religieuse était alors confiée aux Lévites, qui bénéficiaient de plusieurs privilèges dus à leur statut.

Le rejet de la musique instrumentale devait donc être une façon de pleurer la destruction du temple. Les instruments se devaient de rester silencieux jusqu’à la venue du messie et à la reconstruction du temple. Cette interdiction n’a jamais été levée ce qui explique que, encore aujourd’hui, la musique instrumentale est absente des synagogues orthodoxes et que seul le chant a capella (sans accompagnement) et la psalmodie accompagnent la liturgie.

Après mille ans d’interdiction, la musique profane devait néanmoins progressivement prendre plus d’importance. Au Moyen Âge, en France, Bonfils de Narbonne et Charlot le Juif, deux Juifs provençaux, comptent ainsi parmi les plus célèbres troubadours du XIIIe siècle.

À l’époque, tout comme aujourd’hui, la musique accompagnait bien évidemment la danse dans les communautés juives, notamment lors de festivals juifs dont Pourim et Hanoukka ou lors de mariages. Des musiciens professionnels étaient alors engagés et ceux-ci offraient également leurs services à la communauté chrétienne, principalement aux nobles et aux riches marchands.

Des pièces différentes accompagnaient les différentes étapes du mariage juif :

  • l’accueil des invités ;
  • lorsque la mariée coupait ses cheveux et était voilée ;
  • quand elle était menée au chupa (le dais nuptial sous lequel le cérémonie prenait place) ;
  • quand le couple quittait le chupa ;
  • lors des danses de colère et de réconciliation entre les mères des mariés
  • lors des shers (une danse pour quatre couples) ;
  • lors des chants d’au revoir.
  • Tout au long de la fête, on jouait aussi bien évidemment les mélodies et les danses populaires de l’époque.

De nombreux compositeurs classiques sont d’origine juive, dont Félix Mendelssohn (1809-1847), George Gershwin (1898-1937) et Leonard Bernstein (1918-1990). Parmi les chefs d’orchestre, il faut mentionner notamment Sir Georg Solti, Lorin Maazel, Eugene Ormandy et Daniel Barenboïm, particulièrement actif face à un rapprochement israélo-palestinien. Le violon a de tout temps fait partie de l’âme musicale juive, ce qui explique que nombre de violonistes parmi les plus célèbres soient juifs dont Jasha Heifetz, Fritz Kreisler, Yehudi Menuhin, Itzhak Perlman, Isaac Stern, Pinchas Zukerman et Joshua Bell.

À voir

  • Le pianiste, film de Roman Polanski, sur l’histoire d’un musicien juif pendant la Deuxième Guerre mondiale.
  • Fiddler on the roof (Un violon sur le toit), film de Norman Jewison, basée sur la comédie musicale du même nom.
  • Schindler’s List (La liste de Schindler), film de Steven Spielberg.

À écouter

Itzhak Perlman, A Jewish Violin, sous étiquette EMI

À consulter

Les Juifs musiciens : http://www.jinfo.org/Music.html

Une série de conférences du chef Daniel Barenboïm sur la musique : http://www.bbc.co.uk/radio4/reith2006/lecturer.shtml (en anglais)

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