mercredi 27 août 2008

Maxim Vengerov : le retour de la comète

Enfant prodige, il a grandi sous nos yeux sur les pages glacées des revues spécialisées. Il a arpenté les cinq continents, offrant des concerts aux plus fortunés comme aux enfants oubliés d’Ouganda. Virtuose ahurissant, c’est pourtant par l’émotion qu’il avait conquis le public montréalais lors de son dernier passage avec l’Orchestre symphonique de Montréal en mars 2003, alors qu’on sentait celui-ci vibrer à l’unisson du Stradivarius de Maxim Vengerov. « Je ne me concentre pas sur la réaction du public mais je sens vraiment l’énergie positive qui s’en dégage, et ce, bien souvent, avant qu’il ne réagisse, explique-t-il en entrevue. Les grands soirs, j’ai un sentiment de confort, comme si nous étions tous les trois à la maison : le public, le violon et moi. Bien sûr, j’inclus le compositeur : je ne suis qu’un lien, un pont, qui relie le compositeur au public, à travers mon instrument. » Le 29 novembre, il retrouvera avec plaisir, après une année sabbatique de ressourcement, le Concerto de Chostakovitch –et son électrisant dernier mouvement « Burlesca » – qui lui a mérité en 1995 deux prix convoités de la revue britannique Gramophone et une nomination aux Grammys.

La musique, Maxim est tombé dedans quand il était petit, grâce à un père hautboïste à l’Orchestre philharmonique de Novosibirsk (en Sibérie) et une mère directrice de chorales d’enfants. Le soir et jusque tard dans la nuit, c’est elle qui veillait sur les séances d’exercices du petit Maxim qui, dès l’âge de quatre ans, enfilait sept heures de pratique quotidienne! Quelques années plus tard, le professeur Zahkar Bron (qui a également enseigné à une autre superstar du violon, Vadim Repin) transforme le prodige en violoniste accompli qui, à 32 ans, n’a pas fini de se révéler.

Même s’il dialogue avec les grands compositeurs d’hier et d’aujourd’hui sur une base quotidienne, Maxim Vengerov garde pourtant les pieds bien ancrés dans la réalité : « Je ne suis qu’un autre être humain, avec mes faiblesses et mes défauts. Seulement, je joue du violon et je suis très chanceux. C’est là que réside le pouvoir de la musique. La musique nous guérit, nous dirige vers le droit chemin et nous permet de vivre en harmonie avec nous-mêmes. »

Concert-bénéfice de l’Orchestre symphonique de Montréal le 29 novembre 2005. Kent Nagano, directeur musical désigné, dirige également l’Orchestre dans la Cinquième de Beethoven. www.osm.ca ou (514) 842-9951

Magazine Place des Arts, novembre 2005

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