Sublime amalgame de pureté vocale, de maîtrise technique incontestée et de passion pure, Karita Mattila sait unir, avec un art consommé, instrument magnifique et présence scénique remarquable. Habitant la scène comme peu d’artistes savent le faire, elle révèle la profondeur et la complexité des personnages qu’elle campe. « Chanter les notes n’est pas de l’art, expliquait-elle en entrevue. Et selon moi, l’opéra est une forme d’art parce que, sous les notes, vous avez la mission d’en extraire le sens. » Quand on l’interroge sur ce qui distingue une chanteuse d’une artiste, elle précise : « Bien sûr, il faut la voix. Il faut également du talent, une ambition sans borne, la volonté de travailler et comprendre que ce travail n’a rien à voir avec la célébrité. Le travail est dur, solitaire, il faut de la discipline et les défis sont nombreux. Si vous avez la passion du chant, de la scène, du don au public, alors ces défis ne sont pas vus comme des obstacles, mais comme des étapes de parcours. »
Ce parcours du combattant, James Morris l’a aussi assumé, multipliant les invitations à chanter les rôles de Wotan, d’Hans Sachs et de Scarpia dans Tosca. « L’interprétation de la soirée reste celle de James Morris, notait le New York Sun en 2006. Voilà un Scarpia qui n’était pas seulement maléfique et imposant mais aussi d’une troublante humanité. » Karita Mattila lui donnera la réplique en Tosca dans le deuxième acte de cet opéra où se joignent amour, jalousie et drame. Vissi d’arte, vissi d’amore… (Je vécus d’art, je vécus d’amour… )
Concert-bénéfice de l’Orchestre symphonique de Montréal, le 10 avril. Information et billetterie : www.osm.ca ou (514) 842-9951
Magazine Place des Arts, mars-avril 2007
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