mercredi 27 août 2008

Le feu sous la glace

La dernière présence à Montréal en décembre 1999 du violoniste Vadim Repin (né en Sibérie en 1971) avait causé une véritable éruption d’enthousiasme. Renversé par sa technique époustouflante, en apparence sans limite, mais surtout par la beauté, l’intensité et la chaleur de la sonorité qu’il transmettait à son magnifique Stradivarius « Ruby », le public n’avait pas hésité à joindre sa voix à celle du grand Yehudi Menuhin qui avait décrété Repin « tout simplement le meilleur, le plus parfait violoniste [qu’il ait] jamais entendu ».

Après des premiers pas autodidactes à l’accordéon à l’âge de quatre ans, on le dirige l’année suivante vers le violon. Six mois plus tard, il remporte un concours pour enfants et brûle les planches pour la première fois. De nombreux autres premiers prix jalonneront son parcours, avant sa consécration au prestigieux Concours Reine Elisabeth de Belgique alors qu’il n’avait que 17 ans. Vadim Repin n’a pas hésité un seul instant à embrasser la carrière musicale. « Je n’ai jamais eu d’hésitation à savoir ce que je voulais faire de ma vie, explique-t-il en entrevue. Le violon a toujours eu un statut privilégié pour moi et je lui ai consacré tout mon temps, toute ma volonté et je n’ai jamais regardé en arrière, ou en avant. J’ai décidé de plonger. »

Enregistrements primés (notamment avec Yehudi Menuhin), tournées sous la direction de Mstislav Rostropovitch, invitations des plus grands orchestres, récitals de musique de chambre encensés, rien ne semble arrêter cet artiste intense, véritable citoyen du monde. Il aborde les œuvres de l’intérieur et sait qu’elles prendront vie au fil des interprétations, même s’il s’agit, comme ce sera le cas avec l’OSM, du Concerto de Tchaïkovski, incontournable du répertoire. « La scène est un grand professeur, soutient-il. Pendant que vous jouez une œuvre avec des orchestres et des chefs différents, le processus d’apprentissage se poursuit. Vous vieillissez, vous avez de nouvelles expériences de vie. Il n’y a pas de fin. En musique, comme dans les arts en général, on ne peut jamais dire : “ Voilà la voie. ” Il y a autant de réponses que de personnalités. Chacun trouve sa vérité à son rythme. »

Les 19 et 20 octobre, avec l’Orchestre symphonique de Montréal sous la direction de Jean-Claude Casadesus. Ce concert fait partie du Festival de musique russe. www.osm.ca ou (514) 842-9951

Magazine Place des arts, septembre-octobre 2004

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