mercredi 27 août 2008

La clarinette

Dès l’Antiquité, l’homme constata qu’un tube percé de trous permettait d’obtenir des notes de musique différentes. En effet, si l’on bouche tous les trous, à l’exception de l’embouchure et du pavillon, l’instrument donne sa note la plus grave. En laissant ouvert le dernier trou seulement, la partie du tube qui vibre est un peu plus courte, le son deviendra donc un peu plus aigu. En perçant les notes exactement là où il le faut, on peut ainsi construire un instrument qui peut donner toutes les notes de la gamme diatonique.

L’ancêtre de la clarinette serait l’arghoul, un instrument qu’on retrouvait dans l’Égypte antique. Au Moyen-Âge, en Europe, l’instrument devint éventuellement le chalumeau, instrument au registre très limité (une seule octave).

La clarinette telle que nous la connaissons aujourd’hui est d’invention assez récente.

· 1690 : Jean-Christophe Danner (1655-1707) améliore l’ancien chalumeau français et lui donne le nom de clarinette c’est-à-dire petite trompette.

· 1812 : Iwan Muller (1786-1854), en augmentant le nombre de clés, permet à l’instrument de jouer toutes les notes de la gamme chromatique.

· 1843 : Le clarinettiste Hyacinthe Klosé (1808-1880) et le facteur d’instruments Louis Auguste Buffet (1789-1864) adoptent les dernières modifications, en y intégrant le principe des anneaux mobiles, inventé par Theobald Boehm. Depuis, la clarinette n’a connu que de très légères améliorations.

Son fonctionnement

Tous les instruments à vent font vibrer une colonne d’air. L’air contenu dans un tuyau peut vibrer de plusieurs façons différentes, produisant un son fondamental accompagné d’une série d’harmoniques supérieures naturelles dont les fréquences sont des multiples entiers de la fréquence du son fondamental. On utilise, pour produire les sons, un morceau de roseau que l’on fait vibrer contre le bec de la clarinette : l’anche.

Une clarinette contient plus d’une centaine de pièces mécaniques. De tous les instruments à vent, elle est celui qui possède la plus grande tessiture (étendue du registre) avec presque quatre octaves

La clarinette possède trois registres distincts. Le registre grave, appelé le chalumeau, est particulièrement timbré, presque menaçant dans les fortissimo mais particulièrement moelleux dans les pianissimo. Le registre médium, appelé le clairon, possède une grande puissance mais peut émettre des nuances d’une grande douceur. À l’aigu (parfois appelé suraigu), la sonorité de la clarinette peut devenir nasillarde, presque sarcastique dans son timbre. Dans L’Histoire du soldat, par exemple, Stravinski peut utiliser cet effet quand il veut donner l’impression que le diable se moque du soldat.

Le répertoire de clarinette est particulièrement vaste. On la retrouve en solo ou avec accompagnement de piano, dans des ensembles de musique de chambre, comme instrument d’orchestre symphonique ou dans les harmonies de vents. Plusieurs compositeurs lui ont également consacré des concertos (des œuvres pour clarinette solo et orchestre). Elle est aussi beaucoup utilisée dans la musique klezmer et dans le jazz.

La clarinette est un instrument transpositeur. Il s’en fabrique de différentes tailles, mais de la plus grande à la plus petite, les trous, les clefs et les anneaux sont disposés exactement de la même manière. Par contre, un doigté donné (par exemple, celui qui ferme tous les trous) ne produit pas le même son sur chacune des diverses clarinettes. Le doigté correspondant au do sur la clarinette en do devient si bémol sur la clarinette en si bémol et la sur la clarinette en la. Ce système peut sembler fort complexe mais en réalité il simplifie la tâche des musiciens d’orchestre. Ils n’ont pas à adopter des doigtés différents selon la clarinette qu’ils ont entre les mains et les compositeurs peuvent choisir le timbre de clarinette qui conviendra le mieux à la pièce.

Deux expériences pour comprendre comment vibre la colonne d’air

Première expérience :

· Remplis des verres d’eau à différents niveaux et observe le changement se produisant au niveau de la hauteur du son. Tente de calibrer exactement les niveaux d’eau pour obtenir les notes de la gamme.

Deuxième expérience

  1. Attache une corde lisse à ses deux extrémités en y laissant un peu de jeu.
  2. Tire maintenant sur la corde. Tu remarqueras qu’en son centre la corde a vibré plus qu’à ses extrémités. On appelle cet endroit le « ventre ».
  3. Attache maintenant la corde à un troisième point, en son centre.
  4. Fais-la de nouveau vibrer. Tu remarqueras que cette fois, elle vibre dans la moitié de sa longueur, avec un point fixe en son centre et deux « ventres ».

Refais maintenant l’expérience avec une corde d’un instrument de musique (de violon, de guitare ou de piano). Le son est-il le même dans les deux cas (étapes 2 et 4) ? Tu peux maintenant essayer d’attacher la corde ailleurs qu’en son centre. Le son est-il le même ?

À consulter

http://fr.wikipedia.org/wiki/Clarinette: l’historique de l’instrument, ses diverses parties

http://www.clarinette.net: site très complet qui couvre l’historique, la fabrication, avec extraits musicaux et partitions

Pour entendre la clarinette dans divers rôles

Extrait du CD de L’Histoire du soldat : « Danse du diable » vers 0:40

Concerto en la majeur pour clarinette et orchestre de Wolfgang Amadeus Mozart : tous les grands clarinettistes ont enregistré une version de cette œuvre

Sonate en fa mineur de Johannes Brahms (clarinette et piano), 2e mouvement : http://www.youtube.com/watch?v=W1Vb3ziCe6A

Quintette en la majeur pour clarinette et quatuor à cordes de Mozart, 1er mouvement : http://www.youtube.com/watch?v=MB1czouO6IQ

Le pâtre sur le rocher de Franz Schubert (clarinette, voix et piano) : http://www.youtube.com/watch?v=LNGKx9RcoyQ

Rhapsody in blue de George Gershwin (le début de l’œuvre comprend l’un des solos de clarinette les plus célèbres du répertoire) : http://www.youtube.com/watch?v=yiyc9Ak3EtQ

Aucun commentaire: